Birdman

  Réalisation : Alejandro Gonzalez Iñarritu

  Sortie : 2014

  Genre : Comédie dramatique

  Durée : 119 minutes

 

 

Birdman 3

Caw ! Caw ! Caw !

Je trouve que l’année 2014 ne nous a pas forcément gâtés d’un point de vue cinéma. D’accord, il y a eu de bonnes – voire très bonnes – réussites, mais finalement, trop peu, et surtout un certain manque de visibilité sur quelques films qui auraient dû sortir du lot. J’ai décidé de commencer cette année par des valeurs sûres : les nommés aux oscars (certains sont sortis en 2014 en France, je sais). Aujourd’hui, c’est Birdman qui passe sur le grill (et la salle éclata de rire).

 

Je ne suis pas un héros

Riggan Thompson est une ancienne star d’Hollywood, autrefois à l’affiche du film de super-héros Birdman et de ses suites. Vieillissant et en manque de reconnaissance, il veut refaire parler de lui et montrer qu’il n’est pas qu’un vendu qui profite de la popularité de son personnage. Pour ce faire, il écrit une pièce de théâtre qu’il produit et dont il est le principal comédien. Mais la vie de Riggan est plutôt compliquée. Père divorcé d’une ex-addict (Emma Stone), il se bat pour avoir une autre image chez ses fans que le seul Birdman, il peine à trouver le jeune talent qu’il lui faut pour sa pièce puis à le contrôler (Edward Norton) et sa vie amoureuse est chaotique. Ah, oui, et Riggan a des superpouvoirs.

Bien évidemment, Iñarritu se fera un malin plaisir tout au long du film et jusqu’à la fin de nous faire balancer entre un homme perdu et schyzophrène et un véritable super-héros en proie aux doutes. Et ce qui fait que la frontière est encore plus fine, c’est l’intelligence avec laquelle le réalisateur nous fait passer de l’un à l’autre grâce à de subtils indices ou clins d’œil. J’ai personnellement beaucoup apprécié – entre autres – le vol de Michael Keaton dans les rues de New York puis son atterrissage suivi de … l’arrivée d’un taxi qui lui réclame l’argent qu’il n’avait pas pensé à payer. Bah oui, Riggan vole, il n’a pas pris de taxi enfin… Tout ça sans oublier les interactions tendues qu’il a avec presque tout le monde : sa fille qui le méprise, son acteur vedette qui n’a aucun respect pour lui et sa compagne qu’il néglige.

Birdman 1

"This place is horrible. Smells like balls..."

 

Le casting entier aux oscars

A la vue de Keaton dans Birdman, on comprend un peu mieux que Gyllenhaal ne figure pas dans la liste des nommés aux oscars. J’en arrive même à renier celui que j’avais – sans avoir vu les films en question – décidé de supporter contre vents et marées, Steve Carell, qui est par ailleurs exceptionnel dans Foxcatcher. Mais Keaton dans Birdman, c’est quelque chose de plus. C’est une performance ultra-crédible. Ce sont des expressions et gestuelles pleines de sens. Keaton transpire son personnage par tous les pores. C’est l’humanité à portée de main. Way to go Julien Lepers.

Michael Keaton aurait pu porter le film à lui tout seul, mais il a la chance d’être entouré de jeunes acteurs de grand talent qui ne font que magnifier sa performance. Que dire d’Edward Norton ? A-t-il déjà mal joué dans un film ? Pas que je sache. Mais à la manière d’un Keaton sur son 31, Norton nous livre une performance sublime, et s’il ne rafle pas le prix de meilleur acteur dans un second rôle … c’est que soit Mark Ruffalo, soit J.K. Simmons ont gagné parce qu’il faut le dire, ils étaient tous deux au top également. Emma Stone confirme tout son talent, s’il le fallait encore. Naomi Watts fait du Naomi Watts. Bref, le casting sort le grand jeu.

Birdman 2

Papa, c'est toi ? Ah, non un pigeon.

 

Sublime

De nombreuses dimensions peuvent expliquer la qualité d’un film. Le scénario, le rythme et les intrigues : check. Le casting et le jeu d’acteur : check. Les visuels : check. Car il faut l’avouer, Birdman est une expérience à part entière. Les spécialistes me diront que ça existait bien avant Birdman, et évidemment, ils auront raison. Il n’empêche que les plans-séquences, d’une durée plutôt conséquente, dont en particulier la première scène du film, sont incroyables. Et les roulements de tambour de plus en plus pressants qui rythment les actions et émotions du personnage ne sont que d'autres artifices de qualité proposés par le réalisateur. Si Foxcatcher me tient encore par son incroyable pesanteur, Birdman me tiendra en haleine pendant des mois grâce à une ambiance parfaitement transmise. Iñarritu nous offre avec Birdman une œuvre de qualité rare, un Michael Keaton à son sommet (le gars qui a joué Batman et qui ressemblait à Julien Lepers, je vous assure !), et un film de super-héros / non super-héros qui doit gagner le prix Best Picture. Ou sinon je casse tout.

Birdman

Prends ton envol Michael. Gagne ton oscar.

5 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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