Inherent Vice

  Réalisation : Paul Thomas Anderson

  Sortie : 2015

  Genre : Film policier

  Durée : 149 minutes

 

 


 

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Very long trip

 

Un des réalisateurs les plus cotés aux Etats-Unis qui adapte l’un des écrivains américains les plus marquants de notre époque, voilà qui est prometteur. Paul Thomas Anderson qui nous a livré le splendide There Will Be Blood et le fascinant The Master revient donc avec Inherent Vice dont j’aurais bien du mal à vous résumer l’intrigue. Disons simplement que c’est une histoire d’enlèvement dans le Los Angeles de la fin des années 60. On suit un détective, Doc Sportello, tendance hippie fumeur de joints, interprété avec brio par Joachim Phoenix (pléonasme). Alors chef d’œuvre ?

Une intrigue qui donne vite le tournis

Je n’ai pas lu le livre de Pynchon. Je ne peux donc pas juger de l’adaptation qu’en fait Anderson. Je peux cependant assurer qu’il n’a pas simplifié exagérément les diverses intrications de l’histoire. On croise beaucoup de personnages et le casting est à la hauteur (Owen Wilson, Benicio del Toro, Reese Witherspoon, Martin Short ont des petits rôles). Une voix-off extrêmement bien écrite et qui semble tout droit sortie de la plume de Pychon, essaye de nous expliquer le rôle des différents protagonistes. Mais la multiplicité des histoires et l’ambiance même du film font qu’on a beaucoup de mal à suivre réellement l’affaire. Reste alors à se laisser emporter par l’univers, aidé par l'excellente bande originale. Tout le film semble baigner dans les volutes des joints que s’enfile le héros et on ne peut que se sentir aussi paumé que lui à chaque rencontre ou basculement d’intrigue.

Telechargement 5

 Un casting aux petits oignons

C’est donc à la fois une force et une faiblesse d’Inherent Vice : le film est long, alambiqué, et semble essayer délibérément de nous étourdir et de nous plonger dans une atmosphère de torpeur. Certains lâcheront l’affaire, sortiront du film, et c’est l’ennui qui les gagnera. Les autres glisseront peu à peu dans l’ambiance irréelle du film et partageront ce trip de 2h30. Paul Thomas Anderson ne joue pas sur la puissance incontestable et titanesque de ses deux précédents films, ce qui déboussolera sûrement ses fans mais lui permet d’explorer de nouveaux horizons bien plus mystérieux de son cinéma.

 

Un décalage permanent

Ce style ne lui est cependant pas totalement inédit. On pense forcément à Punch-Drunk Love devant Inherent Vice. Ces deux films partagent une inclination pour l’absurde, le décalé. Difficile de deviner ce qui va se passer dans Inherent Vice, chaque scène semble aller dans un sens connu et faire avancer l’enquête avant de se transformer totalement. Anderson continue de nous éblouir de sa maîtrise de la mise en scène et fait du détective un somnambule traversant différents tableaux sans réellement comprendre ce qui se passe. Josh Brolin, plus spécialement, interprète un personnage totalement insaisissable qui semble avoir une importance primordiale sans qu’on comprenne jamais ce qu’il fait là.

O inherent vice facebook

Alors jaune ou bleue cette robe ?

On rit donc assez souvent dans Inherent Vice mais c’est surtout la mélancolie qui colore le film. Les drogues en tout genre ne suffisent pas à cacher le manque que semblent ressentir tous les personnages. Ils tournent alors en rond dans leur univers sans que rien ne fasse réellement sens, sans qu’ils ne puissent sortir de ce climat qui les oppresse. La relation entre Shah et le héros est le nerf du film. Une relation dont on ne saura jamais tout, qui flotte dans l’air comme une idylle parfaite trop vite terminée, mais qui cache une blessure voire une violence que le film dévoilera peu à peu. Les personnages aussi sont en décalage de la vie qu’ils mènent. Toujours un peu ailleurs, toujours un peu perdus, toujours un peu shootés. 

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Bien plus love que peace

Déstabilisant, ce Inherent Vice. Un film long et difficile à suivre mais qui réussit à nous transporter dans un univers décalé, malsain et profondément étrange. Pour peu qu'on se laisse tenter par un voyage psychédélique...

3 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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