Irrational Man

  Réalisation : Woody Allen

  Sortie : 2015

  Genre : Drame

  Durée : 97 minutes

 

Irrational man poster

La morale à zéro

 

Oh non Woody, pas toi, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait….

J’ai tout aimé de toi. Même tes films les plus décriés m’ont touché d’une manière ou d’une autre ( même To Rome with Love !). Mais là ce n'est pas possible, je ne peux pas…

 

Minimum syndical

On retrouve les thèmes chers à Woody Allen dans ce film. Mais de manière assez paradoxale, alors que le personnage est un professeur de philosophie, le film est l’un des moins profonds du réalisateur. Les dilemmes moraux qu’ils proposent sont ultra-classiques et le name-dropping de Kant ou Heidegger ne suffit pas à rendre le propos intelligent.

Le film sort légèrement des sentiers battus grâce à l’évolution du personnage principal. S’il ressemble, au début, à la figue typique de Woody Allen (philosophe déprimé), il devient finalement totalement différent. Malheureusement, son traitement est beaucoup trop superficiel pour être crédible et donc convaincant. Pareil pour le personnage d’Emma Stone qui sert de témoin un peu naïf à l’histoire sans n’être jamais ni attachante (un comble pour cette actrice !), ni intéressante. Les acteurs ne sont pas mauvais évidemment, comme d'habitude avec Woody Allen, le film brille par son casting (Joaquin Phoenix, Emma Stone et la trop rare Parker Posey), mais l'écriture de leur personnage les empêche de réellement briller.

On se retrouve donc devant une petite fable simpliste, sur des personnages simplets qui ne nous embarquent jamais.

Irrational man

Jamais deux personnages de Woody Allen n'auront été aussi horripilants

 

Une esquisse inachevée ?

Pourtant le film aurait pu suivre des chemins vraiment intéressants. Contrairement aux autres Woody Allen, l’histoire d’amour est un prétexte. Le personnage principal ne semble à aucun moment porté par ses sentiments et si Emma Stone est une Muse c’est à son insu grâce à une coïncidence. L’évolution du personnage et une intrigue qui s’écarte des habitudes de Woody Allen auraient pu livrer un nouveau petit bijou du réalisateur. Un philosophe dégoûté de la raison qui redécouvre le plaisir de céder à ses pulsions, voilà un sujet en or ! Mais il semble s’en être écarté en cours de route, comme désintéressé parce qu’il aurait pu en faire.

Au lieu de ça, on a donc une intrigue expédiée sans qu’aucun enjeu ne soit approfondi. Une histoire totalement tirée par les cheveux qui nous rappellent parfois combien a contrario Match Point était maîtrisé. Alors certes, on peut se réjouir que Woody Allen tente de nouvelles choses, en retrouvant un style plus léger et insouciant. Mais ici, seule l'intrigue est légère. Les personnages sont lourds et les dialogues (je n'aurais jamais cru écrire ça un jour) sont plats et insipides.

 

Maxresdefault 1

Joaquin Phoenix interpètant avec talent un personnage écrit à la truelle

Il faut donc se rendre à l'évidence, nous sommes devant un mauvais Woody Allen. Le premier film du réalisateur qui m'a pronfondément ennuyé. On peut évidemment y voir une fable légère, incarnée par des acteurs de talent. Mais Woody Allen nous a habitués à tellement mieux qu'il est difficile de s'en contenter.

2 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !