Jurassic World

  Réalisation : Colin Trevorrow

  Sortie : 2015

  Genre : Aventure/ Science-fiction

  Durée : 130 minutes

 

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Raptor Studio

 

Et c’est parti pour un nouveau reboot de licence. Les nombreux fans de Jurassic Park l’attendaient de pied ferme, le film qui décrirait l’ouverture du parc d’attraction le plus cool de l’univers est arrivé et écrase tout au box-office. Entre l’hommage incontournable et la volonté de jeter les bases d’un nouvel univers comment s’en sort SpielbTrevorrow ?

Méta-bêta

Ce qui est le plus sidérant dans Jurassic World, c'est sa capacité à se moquer en permanence de ses propres défauts sans vraiment chercher à les corriger. Ainsi, l’un des points les plus reprochés à ce nouvel opus, bien avant sa sortie, est l’utilisation d’un dinosaure fictif, fruit de manipulations humaines. Là où Jurassic Park jouait sur la passion pour les dinosaures partagée par de nombreuses personnes, Jurassic World nous crée un monstre à la Godzilla et brise immédiatement l’un des leviers les plus puissants de la saga. Les scénaristes en ont pleinement conscience. L’un des personnages, arborant un t-shirt « Jurassic Park », (sur lequel l’héroïne fera une remarque pour être sûr que tout le monde l’a bien vu), critique dans le film cette idée stupide de créer un hybride quand l’intérêt du parc réside dans les « vrais » dinosaures. Alors oui, c’est bien gentil de faire preuve d’autant de recul et d’auto-dérision, mais cela ne change rien au fait que le concept reste idiot. Une scène méta essayant de créer de la complicité avec le spectateur ne suffit pas à corriger le problème. Le film essaie aussi de défendre cette idée en nous rappelant que les dinosaures de Jurassic Park étaient déjà des hybrides. Tout d’abord, ce besoin de justification de l’idée principale du film n’est pas bien rassurante quant à son bien-fondé. De plus, il ya de la marge entre rajouter de l’ADN de grenouille pour combler les « trous » et créer un dinosaure qui peut se camoufler en changeant de couleur parce qu’il a de l’ADN de sèche (non mais sérieusement qui a eu cette idée ?).

Il en est de même pour les grosses ficelles des blockbusters qu’il est de bon ton désormais de critiquer au sein du film. Plusieurs scènes vont ainsi dans le deuxième degré en parodiant les baisers entre héros ou certains topos du genre. Cependant, cela n’empêche pas le film de se vautrer dans d’autres clichés tout aussi grossiers sans sourciller. Entre l'héroïne qui sprinte, sans souci, en talons hauts devant un T-Rex ou les enfants qui se décident à s'aventurer hors du parc dans la forêt emplie de dinosaures, les scènes ridicules ne manquent pas.  Pour certains plans on ne sait même plus si le film est sérieux ou pas. On se prend à espérer qu’il se moque un peu de nous, sans vraiment y croire. Ce flirt permanent entre la parodie et le film sérieux pose alors problème.

De plus, le film multiplie les hommages au premier volet. Certains clins d'oeil sont les bienvenus comme la découverte du premier parc et l'utilisation de la banderole comme passage de flambeau entre les films. Mais l'impression de déjà-vu est beaucoup trop forte; le film, n'arrivant pas à assumer son héritage en la transcendant, finit par balbutier les mêmes scènes pour un scénario déjà très proche.

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ça me rappelle  vaguement quelque chose...

 

C’est ton ami et bien plus encore

Ce qui plombe réellement le film, c'est son traitement des dinosaures. L’intérêt du parc est de voir des dinosaures vraisemblables dans notre monde contemporain. Ces machines à tuer, au sommet de la chaîne alimentaire, doivent être  des animaux impressionnants de puissance. Alors certes, on peut accepter que le monstre hybride ait une intelligence extraordinaire lui permettant de duper ses geôliers tel Arsène Lupin. ( ça reste une idée de merde). Mais le sort réservé aux raptors ou au T-Rex n’est pas justifiable. Ceux-ci semblent avoir des sentiments et une intelligence humains. On en arrive au point où les dinosaures dialoguent entre eux sur la situation. La mise en scène et leurs cris font que le spectateur est censé deviner ce qu’ils se disent. (« pourquoi tu me trahis ? », « merci », « j’arrive à la rescousse »). C’est complétement ridicule et cela nous sort totalement du film.

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En exclusivité, les protagonsites de Jurassic World 2

C'est d'autant plus dommage que tout n'est pas à jeter dans le film. La première demi-heure présentant le parc est réussie, certaines scènes d'actions sortent du lot, notamment la fameuse virée en moto avec les raptors apprivoisés ou l'attaque des dinosaures volants fonctionnement parfaitement mais ne suffisent pas à rattraper les trop nombreuses erreurs.

On sort donc de la salle avec un sentiment de frustration. Jurassic World est un objet étrange. Reboot conscient de l'être, hommage trop appuyé, blockbuster qui sait être efficace mais qui pâtit de nombreuses erreurs d'écritures, il n'est jamais pleinement satisfaisant. Il aurait pourtant suffit de presque rien...

Ah et il y a Omar Sy.

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Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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