Sicario

  Réalisation : Denis Villeneuve

  Sortie : 2015

  Genre : Drame

  Durée : 121 minutes

 

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Sombres héros

 

Denis Villeneuve s’impose progressivement dans le monde du cinéma.. Aec Sicario, selectionné à Cannes, il nous emmène au coeur des affrontements entre les cartels mexicain et les forces de l'ordre.

 

Un savoir-faire évident

 

Comme pour Prisoners, Villeneuve nous propose un film particulièrement tendu. Peu de scènes divertissent l’intrigue de l’action. On suit, à travers les yeux d’un agent de la FBI, novice dans les questions de cartels mexicains, les différentes opérations menées contre les dealers. Comme elle, nous ne savons pas grand-chose des motivations qui se cachent derrière les missions. Cette ignorance rend les scènes d’action plus mystérieuses et donc plus troublantes. Villeneuve filme efficacement tous les affrontements. Les combats sont bruts et sans effets de style. Presque tout se joue à celui qui tirera en premier entre les deux camps. A ciel ouvert à la frontière mexicaine ou dans un tunnel sombre, ces gunfights fonctionnent et tiennent en haleine le spectateur.

L’ambiance mexicaine à défaut d’être originale sert bien l’atmosphère oppressante du film. La violence est omniprésente. Les meurtres servent autant à servir un objectif qu’à envoyer un message. Ainsi les cadavres pendus dans la ville par les gangs pour montrer l’exemple font échos aux opérations des forces de police destinées à toucher un public plus large que la cible principale. Le casting est efficace. Benicio del Toro et Josh Brolin notamment récitent parfaitement leurs gammes de personnages ambigus et sûrs d’eux. Emily Blunt se débrouille mais le personnage insipide qu’elle doit incarner ne l’aide pas à briller…

 

Sicario

Si elle est au cour des combats, elle reste totalement passive aux évenements du film

 

Beaucoup de bruit, pour pas grand-chose

 

Malheureusement, l’ambiance et la nervosité du film ne suffisent pas. Le peu de scènes explicatives sont laborieuses et pénibles à regarder. Les différents plans machiavéliques et rebondissements seraient décevants si on n'avait pas déjà perdu tout notre intérêt avant le moment des révélations. On se contente donc de les suivre d'un oeil distrait. Le film semble vouloir reposer uniquement sur sa forme en se reposant sur des clichés simplistes pour faire avancer l’intrigue. On se lasse très rapidement des personnages écrits à la truelle et aux motivations univoques dont le sort final nous désintéresse totalement. Une tentative d’humaniser un personnage anecdotique pour donner au film une pseudo-profondeur est d’ailleurs particulièrement risible. Le protagoniste interprété par Emily Blunt remporte ici la palme de l’insipidité : elle passe son temps à être le pantin des autres personnages sans jamais se réveiller. On comprend que les scénaristes aient voulu créer un lien entre le spectateur et elle, tous les deux débarquant dans un monde inconnu, mais cette ficelle un peu grossière ne marche que si le personnage évolue. Ce n’est pas le cas ici et le film se contente de bouger ses pions sans chercher à les développer. Au final, le spectateur s’ennuie ferme et se demande un peu comme le personnage principal ce qu’il fait là.

Preview

Heureusment, pour la mettre en valeur, son équipier réussit l'exploit d'être encore plus inutile

 

Première grosse déception pour moi devant un Villeneuve. Malgré sa réalisation talentueuse, le scénario trop léger, voire par moments complètement stupide, et le manque de profondeur des personnages plombent un film qu’on oublie aussi vite sortis du cinéma.

2 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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