Still Alice

  Réalisation :  Richard Glatzer et Wash Westmoreland

  Sortie : 18 mars 2015

  Genre : Drame

  Durée : 99 minutes

 

 


Still alice

Pas de quoi rester dans les mémoires

 

Et si, finalement Jack Donaghy avait épousé Nancy Donovan ? Non, Still Alice n’est pas le spin-off dramatique de 30 Rock, mais les amateurs de la série apprécieront de retrouver le couple de la série de Tina Fey. Pour le reste, pas grand-chose à retenir de ce film sur la maladie d’Alzheimer.

 

Déchéance

Ici, Julianne Moore n’incarne plus la maîtresse du tout-puissant patron de la National Broadcasting Company (Alec Baldwin), mais Alice Howland, une brillante universitaire new-yorkaise spécialiste de linguistique et de communication. Le couple et ses trois enfants, désormais adultes, incarnent la réussite et rien ne semble troubler leurs nuits hormis la « rébellion » artistique de la benjamine Lydia (Kristen Stewart).

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 Se souvenir des belles choses

Pourtant, Alice est troublée : elle cherche ses mots, doit multiplier les moyens mnémotechniques, demander son chemin sur le campus qu’elle fréquente tous les jours. La médecine confirme ses craintes, elle est atteinte d’un développement précoce et foudroyant de la maladie d’Alzheimer, une dégénérescence génétique qu’elle risque d’avoir transmis à ses enfants.

Un film sans enjeux

Montrer le développement d’une maladie au long cours comme peut l’être Alzheimer est un défi passionnant pour un cinéaste. Pourtant, Richard Glatzer et Wash Westmoreland, dont c’est le cinquième long-métrage, livrent un film plat et linéaire comme un épisode de télé-réalité (ce qui est cohérent, puisque les deux sont plus connus pour leur travail sur America’s Next Top Model).

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Non, le sol ne penche pas

Faute de surprendre, le film montre. Il montre la pauvre Alice qui tente par tous les moyens de limiter les effets de sa maladie, il montre la famille qui vacille, hésitant entre leur volonté de ne pas laisser la situation affecter leur quotidien et les nécessaires sacrifices qu’ils consentent pour le bien de leur parente. Lydie tire ici son épingle du jeu : sans ambitions, elle est capable de revenir vers sa famille dans les moments essentiels.

 

Un rôle à Oscar

Sans grande prétention dans son scénario ou sa réalisation, le film est finalement porté par son héroïne, incarnée par Julianne Moore. Mêlant avec réalisme les moments de lucidité et les pertes de mémoire, Moore évite les obstacles sentimentalistes qui accompagnent souvent ce genre de rôles. Et dans une compétition sans grande concurrence, il est logique qu’elle ait remporté l’Oscar de la meilleure actrice.

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 Mère et fille

Pour le reste, le casting est assez moyen. Baldwin fait du Baldwin, sans forcer, et Stewart parvient presque à ne pas tomber dans la caricature de la fille-à-papa-qui-préfère-l’art-aux-études. Tout cela ne sauve pas un film qui reste malgré tout assez superficiel et nous dit peu de choses sur la maladie d’Alzheimer. Alors, réjouissons-nous pour Julianne Moore, allons voir Still Alice pour le plaisir et oublions-le sans scrupules.

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Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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