The Smell of Us

  Réalisation : Larry Clark

  Sortie : 14 janvier 2015

  Genre : Drame

  Durée : 98 minutes

 

 

The smell of us

Gros plan sur l’entre-jambe d’une génération

 

Que sentent-ils ces jeunes dépravés ? Respirent-ils la fleur de rose dans laquelle ils semblent avoir grandi, ou empestent-ils la crasse dans laquelle ils se vautrent avec délectation ? Le spectateur lui ne sent pas grand-chose, c’est là une des frustrations du septième art, même si Larry Clark tente de compenser cette absence par une musique omniprésente.

75

 

Du cul, des culs et encore un peu de cul

The Smell of Us nous immerge dans la vie d’un groupe de jeunes lycéens parisiens, visiblement des beaux quartiers. Pourtant, c’est un monde marginal qui les fascinent et qu’ils fréquentent avec aise, un monde qui vient remplir cette liberté laissée béante par l’absence de leurs parents. Ils occupent alors leur temps à glander, skater, boire, fumer, se droguer et surtout à baiser.

Car c’est là le sujet principal du film, la vie sexuelle de cette jeunesse aisée dans ses ressources, mais marginale dans ses pratiques et nihiliste dans sa philosophie. Le sexe semble pour ce groupe une activité comme une autre. Privé, public, hétéro, homo, payant, c’est une activité banalisée.

Dans ce monde, l’amour ne semble pas avoir sa place. Le pauvre JP a beau coucher avec la première qui passe, se prostituer, il se voit constamment rejeter dans son amour envers Math, qui ne voit le sexe que comme une moyen « pour faire du fric ».

 

Briser les tabous

Alors, à quoi sert ce film, hormis à terroriser les parents de skateurs parisiens ? Comme une version trash du Jeune et Jolie de François Ozon, Larry Clark semble prendre un malin plaisir à demeurer absolument neutre alors qu’il documente avec minutie le parcours de Math. Ce couple réalisateur/personnage brise un à un les tabous de la sexualité adolescente : exhibition, prostitution, pédophilie et quasiment l’inceste.

Pour cela, Clark s’appuie sur un de ces personnages, l’omniprésent Toff, qui ne quitte jamais le mode vidéo de son téléphone portable. Il témoigne de cette génération de réalisateurs sans scénaristes, qui font un film de rien. Et puisque Larry Clark ne semble pas rechercher une esthétique particulière, on peut légitimement questionner sa propre nécessité dans ce vulgaire projet.

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Un film nihiliste ou un film sans intérêt ?

La critique est certainement un peu forte, puisqu’à condition de supporter les scènes de cul à répétition, on ne s’ennuie du film. La bande-son aide beaucoup, malgré son éclectisme et l’incongruité de certains enchaînements (une surprenante juxtaposition entre Bob Dylan et de l’électro…). Mais elle est si présente qu’on se demande parfois si le film n’est pas très long clip. Voilà qui convient bien à cette génération de l’immédiateté.

Même si Larry Clark pousse assez loin la provocation et l’exhibition, le sujet de l’adolescence pervertie et dégénérée est relativement banal et le film ne semble rien apporter de plus qu’une simple mise à jour. C’est le danger d’un film nihiliste, ne pas présenter d’intérêt particulier, dans lequel Clark ne peut s’empêcher de tomber.

3 1

 

Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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