The Voices

  Réalisation : Marjane Satrapi

  Sortie : 22 mars 2015

  Genre : Drame comique (ou l'inverse)

  Durée : 109 minutes

 

 

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Satrapi, à double tranchant

 

Une histoire d’amour et des animaux qui parlent. Oui, mais aussi beaucoup de sang et un malade mental en traitement. The Voices surfent sur deux vagues en même temps. Un équilibre précaire pour un bon divertissement.

 

Le gris et le rose

A Milton, USA, Jerry travaille dans la petite usine de baignoires qui fait vivre la ville. Jerry (Ryan Reynolds) voit la vie en rose et voudrait séduire sa charmante et britannique collègue Fiona (Gemma Atherton). Seulement, si Jerry voit la vie en rose dans cette bourgade grise et paumée, c’est parce qu’il ne prend pas ses médicaments, ceux-là même qui devraient l’ancrer dans la réalité.

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Que celui qui n'a jamais parlé avec son chien ou son chat lui jette la première pierre !

Du coup, Jerry entend des voix, celles de son chien, le tranquille Bosco, et de son chat, le troublé Mr. Whiskers à l’accent écossais fort prononcé. Avec tout ce monde dans l’esprit fragile du pauvre Jerry et Fiona aussi froide qu’un matin du Berkshire, les choses ne pouvaient pas bien se passer. Surtout lorsqu’ils se retrouvent au milieu de la forêt avec un cerf au travers du pare-brise.

 

Le mélange des genres

La scénariste, dessinatrice et réalisatrice du fabuleux Persépolis se limite cette fois à la réalisation de ce film aussi drôle que sanglant. Marjane Satrapi se lance le défi qui consiste à mener de front la tragédie du pauvre Jerry, élevé par une mère folle et un père autoritaire, et le comique issu du décalage entre la réalité et sa perception par le héros. Elle parvient à le relever en s’appuyant sur le point de vue rose bonbon du héros, qui donne au film un teint « burtonesque ». On rit souvent, et plutôt noir.

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 Que celui qui n'a jamais donné des céréales à une tête découpée lui jette la première pierre !

Pour autant, il n’y a pas grande profondeur dans l’histoire que nous raconte Satrapi : le film se repose sur le portrait psychologique tracé à grands traits et une rapide critique de l’inefficacité de la psychothérapie. Un peu léger, surtout qu’on est habitué à la qualité narrative de Satrapi ; ici, le scénario de Michael R. Perry (sorti du monde des séries américaines) n’est pas au niveau.

 

Reynolds, sans tâche

Le film ne serait d’ailleurs qu’une comédie correcte sans la bonne performance de Reynolds qui, non content d’incarner ce personnage perturbé avec une qualité qui le place dans la lignée des Stiller ou Carell, démontre aussi ses qualités vocales en façonnant les voix animales. Le ton pataud de Bosco et la rugosité celtique de Mr. Whiskers sont pour beaucoup dans l’activation de nos zygomatiques.

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The Cat. La plus belle voix. 

The Voices reste malgré tout un bon divertissement, particulièrement pour ceux qui aiment rire noir.

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Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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