Tomorrowland

  Réalisation : Brad Bird

  Sortie : 2015

  Genre : Science-Fiction

  Durée : 130 minutes

 

Tomorrowland

Oiseau de mauvais augure

 

En 2003, Disney sort un film qui a tout l’air d’un pari puisqu’il est basé sur une attraction de ses parcs : Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl. On peut dire que le succès de la série a donné des idées à Mickey qui décide de confier les rênes du projet Tomorrowland à Brad Bird, réalisateur de talent à l’origine du sous-estimé Géant de Fer, des Indestructibles et d’un épisode de Mission Impossible. Mission réussie ?

 

 

Newton du futur

 

Casey Newton est une adolescente qui vit avec son père et son frère. Comme son nom l’indique assez grossièrement, la jeune fille porte un intérêt marqué pour la science et le monde qui l’entoure. Après avoir touché un pin’s qu’elle trouve par hasard, elle est transportée dans un monde futuriste idéal : Tomorrowland. Abordée par une petite fille du nom d’Athéna - qui s’avère être un robot, elle est poussée à s’embarquer avec Frank Walker (George Clooney), ingénieur et inventeur de talent dans une aventure vers le lieu qu’elle a vu à travers ce pin’s. Frank lui explique que si Tomorrowland était auparavant comme dans sa vision, ça n’était plus du tout le cas maintenant, et qu’il avait été expulsé du lieu il y a bien longtemps, ce qui rendrait leur voyage périlleux. Ils parviennent malgré tout dans ce monde en dehors de l’espace et du temps  après de nombreuses péripéties, pas forcément accueillis à bras ouvert. Là-bas, ils devront montrer qu’ils ont les moyens de régler la crise qui semble menacer l’humanité et que les habitants actuels de Tomorrowland ne semblent pas prêts à prendre en charge…

 

Tomorrowland 2

Rien à dire : c'est joli.

 

Une belle aventure

 

Tomorrowland ne présente pas vraiment de faces cachées. Ses caractéristiques sautent aux yeux rapidement et sont plutôt proches de ce que Disney peut nous proposer habituellement : une aventure globalement rythmée, des panoramas très réussis et un certain souffle épique. Les deux premiers tiers du film nous montrent des personnages au premier abord attachants, pas forcément très profonds mais qui font au total une bonne équipe derrière laquelle on se range volontiers : une jeune fille enthousiaste, un vieux râleur et un robot étrange et un peu impertinent - bon, vous allez me dire que c’est un peu cliché, mais ça reste un film Disney, et l’équipe marche sincèrement plutôt bien, même si Clooney devait souffrir intérieurement de ne pas pouvoir jouer son rôle habituel de charmeur impertinent qui emballe tout ce qui bouge. La dynamique est bonne et les quelques moments forts sont plutôt réussis, avec plusieurs scènes assez surprenantes qu’on avait malheureusement déjà vu dans les trailers, ce qui a tendance à les rendre moins épiques. On sent toutefois la patte de Bird dans les plans de Tomorrowland qui sont le point fort du film et laissent rêveur. La direction artistique est là, et pour moi, c’est la seule vraie justification pour voir Tomorrowland.

 

Tomorrowland 3

"Bon, bah je vais devoir pécho un oiseau..."

 

 

Une moralisation écoeurante

 

La seule vraie justification parce que le dernier tiers du film est extrêmement déplaisant. Bird s’emploie à nous culpabiliser par des artifices grossiers dont on se serait bien passer. Le monde se meurt, il faut le changer et c’est à nous de le faire, c’est en gros le message qui nous est passé. Alors pourquoi pas, mais quand tout cela est fait à la sauce Disney (et qu’on attend un petit clin d’oeil de l’un des protagonistes à tout moment pour alourdir encore les séquences), ça ne passe vraiment pas. Le personnage d’Hugh Laurie, qui prouve encore qu’il sait jouer, est complètement monodimensionnel (comme les autres personnages, finalement), et ne sert qu’à diaboliser “ceux qui ne font rien”. Le film est un Disney pur jus. Une belle aventure affligeante de naïveté et moralisatrice à l’extrême qui présente ça et là de très beaux plans. Et on a de quoi regretter le résultat quand on sait ce dont est capable Brad Bird et les quelques bonnes idées qui ont été développées. Les éléments d’univers qui nous sont offerts sont réussis et plutôt beaux à voir. Mais il faut certainement être complètement coupé du monde et particulièrement niais pour trouver une quelconque valeur (ajoutée) dans la morale de Disney.

 

Tomorrowland 4

On se fait drôlement chier à Tomorrowland...

 

2 1

 
 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !