Vincent n'a pas d'écailles

 Réalisation : Thomas Salvador

 Sortie : 18 février 2015

 Genre : Fantastique 

 Durée : 78 minutes

 

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Tranche d'ennui

Un film sur un mec lambda affublé de super pouvoirs dès qu'il se retrouve en contact avec l'eau. L'idée m'a parue assez farfelue pour attirer ma curiosité. Mais au delà de l'aspect un peu fou et imaginatif de l'histoire, la forme ne suit pas, et qu'est-ce qu'on s'ennuie !

Heureusement, le film ne dure qu'1h18, durant laquelle nous suivons les « péripéties » ma foi bien plates de Vincent...Vincent est donc un homme en apparence ordinaire, et il faut le dire, un peu mou du genou, tout comme le film et les scènes ennuyeuses qui défilent inlassablement. Il débarque on ne sait trop pourquoi dans le sud et trouve un emploi de maçon malgré ses grands bras maigrichons. Il parvient à faire la rencontre d'une petite brune pétillante, et tout cela, sans même prononcer un seul mot, ce qui en soi, est déjà un exploit assez remarquable. Car si je ne suis absolument pas réfractaire aux films contemplatifs, lents et même muets (bien au contraire), ici, l'absence de parole m'a pesée. A tout casser, nous devons entendre une dizaine de répliques durant tout le film. Alors on s'attendrait à des mots un peu intéressants, percutants, poétiques, que sais-je, ou du moins qu'ils soient simplement bien dits. Malheureusement, ce n'est pas le cas, tout est très maladroit, et quand quelqu'un ouvre la bouche, nous attendons pleins d'espoirs, prêts à boire la moindre syllabe, mais cela nous fait l'effet d'un ballon qui se dégonfle. Exemple : une femme (on ne sait pas qui elle est et on ne le saura jamais) se dirige vers Vincent en train de réparer son vélo devant chez lui « On se met à table, tu viens manger avec nous ? », Vincent répond « Non, mais une prochaine fois promis ». Et c'est reparti pour 15 minutes d'anges qui passent et de silences gênés. Bon.

Alors, j'ai bien compris, je pense, le parti pris de Thomas Salvador, de ne pas tomber dans le film fantastique, dans le film de super héros hollywoodien, (et on l'en remercie), mais de distiller un peu d'extraordinaire dans l'ordinaire. Si dans la vraie vie, un mec avait des supers pouvoirs, que se passerait-il ? Sans doute pas grand chose de plus que dans ce film, c'est vrai. Comme Vincent, il se mouillerait un peu, pour décupler les forces qu'il n'a pas, et faire avancer plus vite son travail de maçon. Pour impressionner une jolie fille lors d'un après midi au bord de la rivière. Ou bien pour mettre au tapis des mecs qui cherchent la bagarre.

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Au final il y a un potentiel comique et poétique assez présent, lorsqu'on le voit soulever une bétonnière, faire un salto sous la pluie, et bien entendu, lors d'une longue course poursuite avec la gendarmerie, suite à la bagarre que j'évoquais tout à l'heure. Mais, soyons fou, si l'on compare au cinéma de Charlie Chaplin, muet, dont le comique provient aussi de situations abracadabrantesques et d'une gestuelle bien particulière, on comprend bien ce qu'il manque chez Thomas Salvador, l'étincelle qui déclenche la machine, la dynamique, le rythme, qui nous maintient scotché à l'écran, et qui nous fait rire, pleurer, comme des marionnettes.

C'est dommage, car il s'agit d'un joli conte, plein d'idées lumineuses, mais qui ne prend pas, parcequ'il manque d'après moi, un peu de corps et de fantaisie. Il n'en aurait pas fallu beaucoup plus, juste un soupçon, pour ne pas sombrer, comme ce fut le cas, dans un ennui profond, et se perdre dans un film qui ressemble plus à une simple succession de scènes décevantes.

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Ophélie C.

Je viens de terminer mes études en histoire de l'art et j'écris pour différents supports culturels.


Côté ciné, plus un film est bizarre, long et sans dialogue, plus ça me plaît... Mais je me soigne !

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