Deadpool

  Réalisation : Tim Miller

  Sortie : 2016

  Genre : Super-héros/ Comédie

  Durée : 108 minutes

                                                                     


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Le Méta, c'est moi

 

Pour son entrée dans le monde cinématique de l’univers Marvel, Deadpool a marqué les esprits en s’imposant d’abord par une campagne marketing très réussie même si elle frôlait l’overdose et un succès inattendu au box-office pour des coûts de production très faibles. Mené par la Fox qui détient le droit sur les mutants de Marvel, et qui devait se remettre de son flop sur les Quatre Fantastiques, Deadpool promettait un film adulte et fun. Contrat rempli ?

 

Courageux

Le personnage Deadpool est très sympathique et son adaptation au grand écran est fidèle. The Merc with a mouth, ne s’arrête pas de parler pendant tout le film et remplit chaque silence par une formule plus ou moins drôle. L’humour ne fait pas toujours mouche, mais le débit est tellement rapide que cela importe peu, il y aura toujours une ou deux vannes qui marcheront. Attention, cependant, votre maîtrise de l’anglais pourrait influencer votre appréhension du film. En effet, les sous-titres retranscrivent assez mal l’humour du mercenaire. (Exemple: Less angry Rosie O’Donnell, traduit par grognasse ou la disparition des fameux chimichangas). Je ne sais pas si la VF fait plus d’efforts.

 

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Un Deadpool sans chimichanga, ce serait comme un Batman sans Robin

 

Le film Deadpool apporte un peu de fraîcheur au genre super-héros. Déjà parce que c’est un nouveau personnage, alors que les films X-Men surexploitent une poignée de mutants depuis sept films et que les Avengers commencent à s’user un peu. Deadpool débarque sans prétention (un peu comme les Gardiens de la galaxie avant lui) et propose sa propre tonalité. De la scène d'ouverture aux bonus post-génériques, le film cherche à se moquer des canons en multipliant les gags. Et on passe un bon moment devant un film qui se veut complice avec le spectateur et joue à fond sur son capital sympathie.

Ryan Reynolds trouve enfin un rôle qui lui permet d’expier ses péchés. Alors qu’il a vraiment porté la naissance de ce film depuis le début en s’adressant directement au fan, il remplit sa part du contrat et livre une très bonne prestation. Une partie de l’humour du film, qui comme le héros de comics, se devait d’être méta (Deadpool  est un des rares personnages de Marvel à avoir conscience d’être dans un comics et à s’adresser au lecteur. Mais il a été précédé dans ce domaine par She-Hulk sous la plume de Byrne) et beaucoup de blagues tournent autour de la genèse du projet, notamment sur les rôles de Reynolds en tant que Green Lantern et dans une affreuse version muette de Deadpool dans Wolverine : Origins.

 

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Mais est-il pardonnable ?

 

Mais pas téméraire

Le film est cependant très loin d’exploiter le potentiel du personnage. Derrière l’apparente originalité, se cache une origin-story basique et un méchant anecdotique. Même si Deadpool utilise enfin Colossus, si maltraité par la saga X-Men, la CGI du géant russe n’est pas extrêmement convaincante et l’utilisation de Negasonic Teenage Warhead peut nous laisser perplexes étant donné que non seulement les scénaristes ont changé son pouvoir et que celui qu’ils utilisent (et qui ressemble à celui du mutant Canonball), n’est ni joli à regarder, ni très intéressant.

Le film bien qu’il soit R-rated aux Etats-Unis (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) reste aussi très sage. Quelques gouttes de sang et des blagues de cul ne suffisent pas à donner un véritable grain de folie au long-métrage. Ainsi, si la copine du héros est une prostituée, on ne la voit coucher qu’avec le héros et leur amour reste le moteur du film. Deadpool s’ingénie à colorer les cordes habituelles du genre d’une tonalité plus maline sans jamais les remettre en question.

 

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Deadpool est le seul personnage intéressant du film et il le sait

 

Deadpool a réussi son pari. Le film est très sympathique et introduit parfaitement le personnage au grand public. Mais son scénario classique et peu inspiré ainsi que son manque de folie met les scénaristes face à un dilemme pour l'inévitable suite. Faut-il donner au prochain volet un scénario beaucoup plus construit avec des personnages plus intéressants (surtout si Cable est de la partie) pour accompagner Deadpool ou faut-il miser un film beaucoup plus audacieux, surprenant et moins maîtrisé ? Dans le doute, faites-les deux s'il vous plaît !

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Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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