Elle

  Réalisation : Paul Verhoeven

  Sortie : 2016

  Genre : Drame

  Durée : 130 minutes

                                               


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Est-ce le diable qui s'est incarné en Elle ?

 

Acclamé à Cannes par les critiques mais boudé par le palmarès, Elle a beaucoup fait parler de lui. Paul Verhoeven réalise en effet pour la première fois un film français, tiré d’un roman de Djian avec un casting assez alléchant. On ne peut pas dire que ça lui ait réussi...

 

Suspension of disbielief : critical error

C’est le principal défaut du film, celui qui m’a empêché de rentrer dedans, celui qui m’a donné envie de sortir de la salle au bout d’une heure : on ne croit à aucune scène du film. Et je dis bien aucune. Cela tient d’abord aux dialogues. C’est d’autant plus étrange venant d’une adaptation de roman (que je n’ai pas lu, je ne sais donc pas d’où vient le problème) mais les dialogues sont incroyablement mal écrits. Aucune réplique n’est crédible et cela empêche toute implication avec l’histoire ou les personnages. On dirait une mauvaise traduction d’un texte en langue étrangère et on se demande comment les acteurs ont pu réciter de telles bêtises sans broncher.

Malheureusement, les dialogues ne sont pas le seul problème. Les personnages sont aussi écrits à la pelle. A part ceux d’Isabelle Huppert et d’Anne Consigny (qui est présente cinq minutes en tout) , ce sont tous des clichés sur patte, pas intéressants pour deux sous. Le réalisateur n’en fait d’ailleurs rien d’autre que des prétextes à faire avancer l’histoire de Michèle, l’héroïne. La palme revient sûrement au personnage de Virginie Efira dont la moindre parole sert à nous rappeler qu'elle est catholique, quel gâchis…

Certaines séquences symbolisent le problème du film : celles qui concernent le jeu vidéo. Le personnage principal dirige en effet une boîte de jeu vidéo. A peine a-t-on le temps de se réjouir que ce médium soit utilisé dans un film sans qu’il serve à se moquer de stéréotype geek, que le film nous montre sa méconnaissance totale des jeux vidéos. Une séquence qui se veut réaliste de « jeu » ressemble au pire des films d’animation en image de synthèse des années 90 et n’a strictement aucun sens dans un  jeu moderne. Voir Isabelle Huppert ou Charles Berling agiter une manette en faisant semblant de comprendre ce qu'il se passe est d'ailleurs hilarant. Moches, inutiles et totalement invraisemblables ces scènes donnent le diapason du film.

 

Elle

Alors, il avance ce jeu vidéo ? Il y a bien des tentacules qui essayent d'étrangler une héroïne en jupe comme dans tous les jeux vidéos ? Parfait !

 

 

La subversion pour les nuls

Tout l’intérêt du film repose donc sur les épaules d’Isabelle Huppert qui confirme heureusement son statut de meilleure actrice française de sa génération. Son personnage est donc le seul véritablement ambigu et digne d’intérêt. Agressée en début de film sous l’œil de son chat, elle tait tout d’abord son agression et continue sa vie de manière apparemment normale. Le rapport de Michèle avec son entourage, avec son agresseur, avec le sexe de manière générale est le cœur du film. Le personnage ne réagit jamais comme elle est censée le faire. Elle n’a jamais le statut de victime et semble, malgré l’agression, continuer de contrôler son monde.

Cependant, cette réflexion ne suffit pas à faire de Elle, un film subversif comme on le lit partout. Il se révèle même, au contraire, problèmatique et stéréotypé dans sa conception du viol et des rapport sado-masos. Et si le personnage de Michèle est ambigu, tout le reste du film est cousu de fil blanc. On comprend ce qui va se passer dès le début et on attend péniblement que les autres intrigues se terminent (mention spéciale au fils et à la belle-fille insupportables et de leur histoire de bébé noir. AU SECOURS).

 

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Shining 2

Elle est un film particulièrement mal écrit, pénible à regarder, qui se croit intelligent en accumulant les scènes affligeantes. Seule Isabelle Huppert relève un peu le niveau. Méritait-il une place au palmarès cannois ? Ahahahahahah. Non.

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Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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