Quand on a 17 ans

  Réalisation : André Téchiné

  Sortie : 2016

  Genre : Drame

  Durée : 116 minutes

                                                


Quand on a 17 ans affiche

Ressac ado

André Téchiné s’attaque donc, comme le titre du film l’annonce, au thème de l’adolescence. C’est un sujet épineux, régulièrement maltraité par le cinéma. Qu’en est-il ici ?

 

Je t'aime, moi non plus

Le film est bâti autour de la relation entre deux jeunes camarades de classe qui se détestent immédiatement. L’un, fils de médecin, semble avoir tout ce qu’il faut pour lui tandis que l’autre adopté dans une ferme, a du mal à l’école et s’interroge sur sa place dans la famille. Dit comme ça, on dirait le début d’un épisode de L’instit, mais rassurez-vous le film réussit à se détacher de ce postulat initial pour se diriger vers quelque chose de bien plus profond. Il trouve en effet dans l'ambiguité de la relation entre les deux garçons une inspiration rimbaldienne assumée par le titre du film et sa première séquence.

En effet, la relation, complexe, entre Tom et Damien est très bien retranscrite par le cinéaste. Entre attraction et détestation, leurs émotions balancent. Leur évolution et la définition de leur identité s’accomplit l’un avec l’autre, l’un contre l’autre et l’un par l’autre. Le acteurs (qui ont en réalité dix ans d’écart) sont tous deux très crédibles, ce qui était crucial pour la réussite du film. Les deux personnages sont à la fois sympathiques et pénibles, il sont surtout touchants. Sandrine Kimberlain est (comme toujours) convaincante dans un rôle légèrement en retrait mais ô combien important. Elle sert à la fois de relais entre les deux hommes, d'observatrice et de barrage protecteur. Si l'on peut regretter que son personnage semble un peu trop parfait, elle révèle néanmoins certaines failles qui rendent son personnage aussi émouvant et intéressant que le duo principal. C’est à partir de l'ensemble de ces personnages à la fois bien définis et bien campés que Téchiné peut laisser l’histoire se dérouler sans heurt.

 

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Les acteurs sont parfaits

 

Les ados ivres

La façon dont le cinéaste raconte la relation de ces deux adolescents est intéressante. Les scènes plutôt courtes, s’enchaînent relativement rapidement. Le film ne s’attarde jamais sur une situation ou sur un moment clé, il laisse plutôt les personnages se construire plan par plan, au fil de leurs interactions. Cela permet au film de gagner une légèreté et une finesse qui contraste avec les impressionnants massifs surplombant de leur existence brute, les doutes adolescents. Quand on a 17 ans évite donc de tomber dans les affres du sentimentalisme exacerbé ou d'un moralisme fade. C'est une passion dans tout ce qu'elle a d'incontrôlable et d'incompréhensible que filme Téchiné. Les adolescents ne sont ni des crétins décerébrés ni des adultes déjà sûrs d'eux, mais seulement des êtres sensibles en construction. Pour ce portrait rare par sa justesse de l'adolescence, Quand on a 17 ans mérite d'être vu.

 

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Les interactions entre les trois points du triangle sont cruciales

Beau, juste et tendre, Quand on a 17 ans montre  que le cinéma français sait parler avec justesse des jeunes loin des caricatures et des facilités.

 

4 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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