Lalaland

  Réalisation : Damien Chazelle

  Sortie : 2017

  Genre : Comédie musicale

  Durée : 126 minutes

                                                                                


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Make them laugh ?

 

Quelle maîtrise ! Je vous passe l’intro habituelle de présentation du film car vous n’avez pas pu passer à côté de l’insupportable campagne marketing qui hurle partout que Lalaland est un chef d’œuvre… Bon, cela dit, il faut bien avouer que Lalaland ressemble effectivement à un chef d’œuvre.

 

Musicale, oh que oui !

 

Comme pour son film précédent Whiplash, Damien Chazelle place la musique au cœur de son oeuvre. Cette fois-ci, il s'inscrit pleinement dans le registre de la comédie musicale, genre particulièrement apprécié par Hollywood bien qu’en désuétude depuis quelques décennies. Les références aux classiques du genre sont omniprésentes. Chazelle rend un hommage appuyé à toutes les comédies musicales qui ont marqué l’histoire du cinéma, du lampadaire de Singin’ in the Rain aux balades nocturnes de Fred Astaire. Il invoque aussi les grands classiques non-chantant du cinéma et notamment le fabuleux Casablanca cité directement, et qui se retrouve aussi dans la construction du film autour de quelques notes de piano qui lient définitivement les deux amants. Mais heureusement, là n’est pas le sujet du film et on est très loin d’un film-musée de la comédie musicale et du cinéma américain. Toutes ces références sont travaillées et sublimées par Chazelle qui s’en sert pour créer quelque chose de neuf.

Et comment parler de Lalaland sans évoquer le travail fantastique de Justin Hurwitz, le compositeur des musiques ? Toutes les chansons sont parfaites et restent logées dans la tête des jours après la séance. Le rythme du film doit beaucoup à ces morceaux qui servent de colonne vertébrale à l’intrigue. Les mélodies sont tellement bien installées dans la structure narrative que quelques notes jouées par Ryan Gosling suffisent à transmettre les sentiments des personnages.

 

On l’avait déjà aperçu dans Whiplash¸on n’a plus aucun doute ici, la virtuosité est sûrement ce qui impressionne le plus dans le cinéma de Chazelle. On ne compte plus les plans-séquences incroyables que propose le film, les mouvements de caméra rythmés et parfaitement pensés, les chorégraphies impeccables et les plans magnifiques. Lalaland est un bijou de maîtrise. Chaque scène est une leçon de cinéma. En plus d’en mettre plein la vue par son talent de metteur en scène, Chazelle réussit l’exploit de ne pas faire de ses exploits techniques le seul intérêt du film. Chaque procédé, chaque audace de mise en scène sert le film et les émotions qu'il veut faire passer. Pour faire court, Chazelle n’est pas Iñárritu et sa maestria n’est pas le cache-misère d’un film superficiel.

 

Lalaland clip playsetlist

Quatre notes sur un piano...

 

Comédie ? Pas si sûr…

 

Après une première demi-heure brillante qui introduit parfaitement les personnages et l’univers musical du film, Lalaland semble suivre un chemin connu et on se prend à se demander si l’effet suscité par le film n’est pas un peu exagéré. La dernière demi-heure balaie ces questionnements en redonnant au film une dimension et une profondeur insoupçonnées. Lalaland n’est pas simplement un divertissement, une comédie romantique servie par des musiques superbes, c’est un grand film aussi nostalgique qu’intelligent sur les choix que l’on fait et comment vivre avec. La réflexion que porte le film n’est pas originale et on l’a d’ailleurs vue récemment sous une autre forme dans le dernier Woody Allen, Cafe Society. Cependant, la tonalité générale du film qui mélange la joie innocente et pétillante des slapsticks comedy et des comédies musicales d'antan avec un regard moderne plus nostalgique et tristement lucide donne une force nouvelle à cette thématique et emporte le spectateur dans son final extraordinaire.

Dans l’histoire des comédies musicales de Top Hat à Grease en passant par West Side Story, la musique et la danse ont presque toujours servi à réunir les deux personnages principaux dans une romance aussi évidente qu’absolue. Lalaland respecte ces codes tout en les actualisant. Plus qu’une comédie musicale, ce film réinterroge tous ces films qu’il convoque en permanence et impose un nouveau souffle et un regard différent sur le genre.

 

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C'est ce qui arrive quand on met Nostalgie à la radio

 

Il ne fait aucun doute que Lalaland est un film marqueur, étape décisive dans l'évolution des comédies musicales. Le genre de film qui marque immédiatement le public et les critiques et qui s’impose comme une évidence. Un chef d’œuvre ? Oui, un chef d’œuvre.

 

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Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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