Alien : Resurrection

 Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet

 Producteur : Brandywine Productions - 20th Fox

 Genre : Science-Fiction

 Date de sortie : 1997

 

Alien rez 3

Une résurrection, mais pas d’alien

 

Alien 3 avait laissé un sale goût dans la bouche à beaucoup de cinéphiles, y compris James Cameron, l’illustre créateur du non moins illustre Aliens. Alors que peut-on bien attendre d’un quatrième opus avec Ripley morte, la franchise sur le flanc et Jean-Pierre Jeunet aux commandes ? Pas grand  chose.

 

 

It lives !

 

Deux cents ans après les événements d’Alien 3 et la mort de Ripley, des militaires créent un clone de l’héroïne mi-humaine mi-alien sur le vaisseau spatial USM Auriga. Elle a perdu la personnalité de l’originale mais a gagné une force surhumaine et des sens accrus. En parallèle, la reine alien qui était en gestation dans son corps a été conservée par les mêmes militaires. Un groupe de contrebandiers qui venait livrer des humains utilisés pour la gestation d’alien à partir du Betty, leur vaisseau, reste également sur l’USM Auriga et cause des soucis, en tuant plusieurs occupants. L’un de ses occupants essaye même de tuer Ripley, sachant qui elle était vraiment et pourquoi les scientifiques avaient voulu la “ressusciter”. Suite au suicide d’un xénomorphe qui perce un trou dans le sol et permet à ses congénères de s’échapper, le groupe de contrebandiers et le clone de Ripley font tout pour fuir vers le Betty tandis que leur vaisseau se dirige lentement mais sûrement vers la Terre, ce qui ne semble pas réjouir l’équipage non plus.

 

Alien rez 2

Vous ne rêvez pas. C'est bien Tuco Salamanca.


 

Un film de SF loufoque

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le tout est plutôt surprenant. Oubliez la claustrophobie du premier, l’action du deuxième et la religion du troisième, Jeunet nous offre ici un Alien d’une toute autre facture. Des petites blagues, un quatrième mur à réalité variable, une ambiance pas folichone mais pas du tout effrayante. Alien : Resurrection est un film étrange et qui laisse perplexe, jusqu’à se fracasser sur des choix scénaristiques très discutables. Les personnages sont très peu intéressants, si ce n’est peut-être Annalee Call (Winona Ryder), qu’on finit par ne plus vraiment soutenir non plus après un twist. Passés les personnages caricaturaux, on a également Sigourney Weaver qui a l’air de se demander ce qu’elle fait là. Son jeu d’actrice est indigent, certainement parce que son personnage est lui aussi très pauvre. On peut certes justifier ce fait par le choix, lui aussi très douteux, de la faire mourir dans l’opus précédent. Mais si c’est pour détruire sa personnalité, pourquoi la faire revivre ? Je n’ai pas même su identifier le personnage principal du film tant elle était transparente. Je crois qu’il s’agit en vérité de l’alien qui s’est suicidé. Finalement, c’est le seul à avoir fait quelque chose de logique dans ce quatrième opus.

 

Alien rez 1

Bonjour ! C'est par où Répu s'il vous plait ?


 

La mort d’une franchise

 

Et c’est bien là tout le problème. On sent que si Jeunet a choisi de faire revenir Ripley, c’est pour essayer de sauver ce qui reste d’une franchise déjà grièvement blessée. On ne va pas cracher sur tout ce qui a été tenté dans le film. L’idée de faire du commerce d’humains pour pouvoir faire naître puis dresser des aliens ne me choque pas et me parait être une suite plutôt logique. Après tout, c’est ce que voulait Weyland dès le début, et les militaires ont eu 200 ans pour expérimenter. Mais le scénario n’a aucun intérêt. On voit tout arriver à l’avance et on n’a peur pour aucun personnage, en particulier parce qu’on ne s’attache à aucun d’entre eux. J’en arrivais même à attendre la mort du clone de Ripley tellement Sigourney Weaver m’exaspérait. Avec Alien : Resurrection, Jean-Pierre Jeunet confirme une chose : la saga Alien est bien morte en 1992. Et il a vu juste en appelant son film “résurrection”. Le problème, c’est que sa créature est dégénérée et inutile. Il faut la mettre à mort.

 

Alien rez 4

La planète des singes ?

 

1 1

 
 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !