Les Dents de la Mer

 Réalisateur : Steven Spielberg

 Producteur : Universal Pictures

 Genre : Thriller - Horreur

 Date de sortie : 1975

 

 

Jaws 1

We're gonna need a bigger review

 

Les Dents de la Mer. Un classique parmi les classiques réalisé par l’un des plus grands réalisateurs de ces dernières décennies (ou plutôt celles d’avant) et l’inventeur du blockbuster. Et un film qui, pourtant, a permis la prolifération des films de requins (terme presque péjoratif de nos jours) jusqu’à un sursaut spectaculaire ces dernières années. Cela en valait-il vraiment la peine?

 

Martin a peur de l’eau

Nous sommes sur l’île d’Amity et c’est l’été. Martin Brody, chef de la police locale, découvre les restes déchiquetés d’une jeune femme. Si cette mort est d’abord attribuée à un requin, le légiste fait marche arrière conjointement avec le maire pour ne pas effrayer la population. Malheureusement, le lendemain, un enfant se fait dévorer à son tour, ce qui force les autorités à prendre les choses en main. Le maire ne donne toutefois qu’un jour aux différents marins pour tuer la bête dont la prime a été fixée à 3 000 $ par la mère de l’enfant décédé, assurant l’ouverture de la plage pour le 4 juillet (fête nationale américaine).

Jaws 4

Ma réaction à chaque fois que je vois le film

Alors qu’un requin est attrapé, deux personnages se mettent en avant : un océanographe contacté par Martin Brody, qui met en évidence que le requin attrapé n’est pas assez grand pour correspondre aux marques de dents laissées sur la victime et un pêcheur local qui propose ses services moyennant une coquette somme. Évidemment, lorsque le requin attaque à nouveau le 4 juillet, le maire cède et laisse ces trois protagonistes chasser et tuer le requin dans une dernière bataille épique.

 

Un nid à clichés

Alors oui, Jaws est quand même truffé de clichés. Ces fameux clichés qu’on retrouve dans pratiquement tous les films de requins. Déjà, le film s’appelle Jaws (mâchoires). Plutôt évocateur… L’action se déroule l’été ou pendant des vacances dans une région touristique, ce qui implique évidemment plage et foule de baigneurs (on verra que certains descendants spirituels ne se cantonnent pas à cet environnement pour autant). Pour un requin, c’est évidemment mieux d’avoir le choix dans ses victimes et de choisir un personnage en situation de faiblesse (ici, un enfant ou une femme isolée). Les autorités n’ont que faire de la menace que peut représenter Jaws ; ben oui, c’est l’été, le chef de la police va tout de même pas nous emmerder à cause d’un petit requin, il faut qu’on se fasse des mailles bordel.

Jaws 3

Mon dieu, des clichés, courrez les enfants !

Pendant que les autorités s’en tapent un peu le coquillard, un vieux briscard ramène sa fraise et dit que lui, il pourrait le tuer le gros morceau. Parce qu’il en a vu d’autres dans sa vie et que c’est pas un petit poisson et quelques dents qui vont lui faire peur. Contrairement, évidemment, au héros qui lui, a d’une manière ou d’une autre un souci avec la menace ; Martin a peur de l’eau, et il se demande bien comment il va faire pour attirer le requin à marée basse (non, ceci n’est pas Sand Shark). Le requin est lui, forcément particulier : ici, il est grand. Très grand. Enfin, un membre de la famille du personnage se retrouve forcément en danger à un moment ou un autre. Merci Steven, ça nous fait une sacrée liste.

 

Peut-on en vouloir à Spielberg ?

Non. Mille fois non. Déjà parce que ces clichés combinés, c’est un peu lui qui les a inventés, du moins dans le cinéma. Le film est également, sur le même registre, sorti avant l’apogée des slashers. C’est pour cette raison que contrairement à ses “illustres” successeurs, la volonté de Spielberg n’a jamais été de produire une machine à tuer qui semblait être tellement intelligente qu’elle voulait tous les protagonistes. Jaws est avant tout un prédateur dans son habitat naturel, qui malgré sa taille colossale avait surtout envie de se dégourdir les nageoires et de croquer quelques bras. Tous les clichés utilisés par Spielberg sont mesurés et à propos, servent à la fois le rythme et les tensions du film pour nous proposer un résultat final très bien dosé. Les procédés utilisés par Spielberg sont également utilisés bien, et au bon moment : il suffit de regarder le travelling contrarié de Martin Brody apercevant une attaque de requin, ou le plan mettant Martin en premier plan, insouciant, et le requin en second plan. Et au delà du requin lui-même, Les Dents de la Mer parle de Martin Brody et de son combat face au monde : ceux qui ne le soutiennent pas, ceux qu’il a déçu et ceux qui veulent le manger.

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Une belle bête et un moustachu

Et avant tout, comment oser ? Comment oser mettre en doute le travail spectaculaire de Spielberg sur ce chef d’oeuvre précurseur qui a gagné trois oscars, mondialement reconnu et qui a terrorisé des générations de nageurs ? Comment oser accuser Spielberg de tomber dans certaines facilités quand c’est lui qui invente un genre et fait entrer le cinéma hollywoodien dans une nouvelle dimension ? Comment oser nier la grandeur des Dents de la Mer et de Steven Spielberg qui quelques dix-huit ans plus tard nous offrait Jurassic Park (autre blockbuster grandiose, par ailleurs) et passait d’un requin fabriqué de toutes pièces (et ultra crédible) à des dinosaures en images de synthèse époustouflants (et ultra crédibles) ? On ne peut pas. Car Jaws est un mythe.

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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