Prometheus

 Réalisateur : Ridley Scott

 Producteur : Brandywine Productions

 Genre : Science-Fiction

 Date de sortie : 2012

 

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Ridley Scott est de retour

 

Pour nous jouer un mauvais tour ? 15 ans après l’échec de Jeunet et 33 ans après la naissance de la saga, Alien retourne aux sources avec Prometheus, une préquelle-mais-pas-vraiment-en-fait par le réalisateur du premier opus, Ridley Scott. Suffisant pour retirer le sale goût laissé dans la bouche par la saga Alien depuis Alien 3 ?


 

Des similarités troublantes

 

Prometheus démarre en nous donnant des éléments de compréhension sur l’univers d’Alien en nous montrant un être humanoïde extra-terrestre qui se pose sur Terre et se suicide pour répandre son ADN dans l’eau. En 2089, des scientifiques trouvent des peintures préhistoriques qui motivent quatre ans plus tard la création d’une expédition scientifique par Charles Weyland (ring any bell ?) qui aboutira en 2095 par leur arrivée sur LV-223, une lune identifiée comme correspondant aux différentes peintures. A la manière d’Alien et Aliens, l’équipage n’est pas au courant de ce qui l’attend et débarque sur la lune après un hypersommeil, alors qu’un androïde, David, les maintenait en vie. L’équipe fait la découverte d’une structure qui génère une atmosphère, s’avérant être un vaisseau contenant des bestioles (oui, vous vous attendiez à quoi, c’est l’univers d’Alien) mais aussi d’autres créatures moins explorées auparavant…

 

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Nice abs

 

Si l’on exclut la claustrophobie qui est absente de Prometheus, les similarités avec Alien (et même Aliens par endroits) sont assez évidentes. Scott a clairement fait le choix de partir sur des bases connues : un équipage qui, sur des hypothèses pas forcément très solides, part en exploration d’une planète qui contient des réponses (ou des questions). Le personnage principal est une femme qui accomplira des faits héroïques, sera constamment mise en danger, le reste de l’équipage sera décimé (au moins en partie) après avoir été divisé. Un androïde aura des objectifs bien à lui et l’entreprise qui les emploie tentera de les doubler. Bref, rien de neuf sous le soleil. Ou sous la tempête en l’occurence.

 

Scott = direction artistique

 

Je ne dis pas qu’Alien n’était pas beau. Déjà parce que pour l’époque, il avait accompli quelque chose de remarquable mais aussi parce qu’il bénéficiait d’effets bien à lui et d’une identité propre. Mais Prometheus a tout de même su raviver chez moi l’enthousiasme de la découverte avec les technologies actuelles, et on peut dire que c’est réussi. On ne peut pas retirer à Ridley Scott sa capacité à nous faire voyager et à représenter un univers totalement nouveau de la meilleure manière. Ce n’est pas une surprise si le film a été nommé pour l’oscar des meilleurs effets visuels cette année-là (en même temps qu’Avengers et l’Odyssée de Pi … et le Hobbit sur fond vert). C’est clairement le point fort du film, avec le casting qui nous contentera en tous points (Idris Elba, Charlize Theron, un vieux) … sauf pour Noomi Rapace. Mettons de côté mes doutes sur ses talents d’actrice, je pense que je suis avant tout influencé par la performance astralo-cosmo-interstellaire de Sigourney Weaver qui était et reste le visage d’Alien ainsi que la plus grande héroïne du cinéma d’action. Et j’allais oublier Michael Fassbender, que j’adore quand il doit donner du sien mais qui est aussi parfait dans son rôle d’androïde, robot mais pas pour autant dénué de répartie et de mimiques.

 

Prometheus 3

Oh ça brille :o

 

Insatisfaisant, mais …

 

Alors oui, Prometheus n’est pas à la hauteur des deux premiers opus de la saga Alien (qui je le rappelle sont des chefs d’oeuvre). Certains choix scénaristiques ou de montage sont plus que discutables (moi Ingénieur, moi tuer vous) et les personnages principaux sont étonnamment plats comparés au reste de l’équipage. Mais il y a dans cette presque préquelle un souffle que l’on n’avait pas vu depuis un moment. Certes, Ridley Scott s’est largement reposé sur les acquis de la saga pour développer sa narration, mais il a su insuffler quelques nouveautés, oser un nouveau type de xénomorphe (qu’on ne voit que quelques secondes, je vous l’accorde) et relancer la saga. Et c’est bien ça le plus fort pour Prometheus, quand on pense aux horreurs proposées par Jeunet et Fincher après lui, et même aux deux opus d’Alien versus Predator qui ont fini d’emmener la saga au plus profond. Et même si Prometheus ne contient pas de xénomorphes comme on les aime (peut-être pour ça qu’il ne s’appelle pas “Alien”), on sait qu’il a été en grande partie à la source du développement de Prometheus 2 et Alien 5. On ne peut pas se contenter du film en tant que tel, mais on peut assurément espérer des horizons plus clairs pour la saga. Vivement.

 

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5 secondes.

 

3 1

 
 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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