X-Men 1

 

Commençons par le commencement, en 2000 la FOX sort le premier film dédié aux mutants dont elle a racheté les droits à Marvel. Les X-Men font partie des personnages les plus populaires et les plus riches du Marvelverse. Brian Singer, le réalisateur désigné sera-t-il à la hauteur de la tâche ?

 

I / Petit focus sur le comics

A/ La première équipe

 

X

Une cover et beaucoup d’éléments sont déjà en place

 

D’abord petit zoom sur le comics X-Men. Créé en 1963 par notre dieu à tous, le vénéré Stan Lee et le non moins iconique Jack Kirby, les X-Men sont une équipe de mutants regroupé par le télépathe Charles-Xavier pour apprendre à utiliser leurs pouvoirs et lutter contre le mal. La première équipe est composée de cinq membres :

  •  Cyclops/ Scott Summers : peut tirer des rayons d’énergie avec ses yeux
  •  Iceman (Iceberg en FR) / Bobby Drake : maîtrise la glace
  • Angel/ Warren Worthington III : possède une belle paire d’ailes
  • Beast (Le Fauve)/ Hank Mc Coy : Agilité et force physique très développées
  • Et enfin Marvel Girl (Strange Girl)/Jean Grey : peut faire bouger les objets avec la pensée (pour l’instant)

Pour être tout à fait précis Jean Grey arrive dans l’équipe pendant le premier épisode et attise déjà les désirs des X-mâles.

X 1 

S’ils savaient….

 

Cette fine équipe affrontera des dangers multiples et variés au fil des épisodes. La menace la plus récurrente étant Magnéto, maître du magnétisme qui apparaît dès la première issue.

 

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Bouh qu’il est vilain !

Bon, soyons francs, même si j’ai pris un plaisir fou à lire tous ces épisodes, ils ne valent surtout qu’en tant qu’origine des X-MEN. C’est en effet très intéressant de voir se créer sous nos yeux les éléments qui continueront à porter la sage X-MEN jusqu’à nos jours. L’opposition d’idéaux entre Charles-Xavier et Magnéto est présente dès le début par exemple et on voit la création du Juggernaut, des Sentinelles, de la haine des mutants… Cependant les épisodes sont un peu toujours construits de la même façon : une nouvelle menace apparaît (souvent assez ridicule) et les X-Men doivent travailler en équipe pour s’en débarrasser.

La série ne va d’ailleurs pas très bien marcher face aux Avengers, Spider-Man et aux Quatre Fantastiques et Marvel va arrêter la série en ne republiant que des reprints entre les numéros 67 et 93.

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Je mets 5/5 direct au réalisateur qui place UNUS L’INTOUCHABLE dans son film

 

B/ La deuxième équipe

Mais les X-Men n’étaient pas voués à disparaître et en mai 1975  débarque une nouvelle équipe pour relancer la franchise.

 

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Ceci n’est pas une pub Benethon

Censée représentée tous les continents et être plus adaptée au monde moderne, elle est composée de sept nouveaux mutants :

  • Le désormais iconique canadien Wolverine (Serval) /Logan qui a déjà fait une apparition dans la série Hulk : squelette en adamantium, guérison spontanée, super odorat  propension croissante à apparaître dans tous les comics et tous les films Marvel
  • Storm (Tornade) /Ororo Munroe : contrôle les éléments
  • Colossus / Peter Raspoutine : russe qui peut se changer en métal et lancer Wolverine dans les airs
  • Banshee (Le Hurleur)/ Sean Cassidy : peut crier très fort et voler grâce à cela
  • Nightcrawler (Diablo)/ Kurt Wagner : peut se téléporter
  • Thunderbird (l’épervier)/ John Proudstar : indien surpuissant qui meurt au bout de quelques numéros.
  • Sunfire (feu du soleil)/ Shiro Yashida : Japonais qui contrôle le feu et qui quitte l’équipe dès le deuxième numéro

 

De l’ancienne équipe seul Cyclops reste dans un premier temps pour former les nouveaux venus. Les X-Men prennent alors leur envol et connaissent un succès qui ne faillira jamais.

 

C/ La confrérie des mauvais mutants

Face aux X-Men, Magnéto monte sa propre équipe dès le sixième numéro. Cette confrérie évoluera aussi énormément au fil du temps et de nombreux mutants y feront leur apparition. Je vous présente quand même rapidement les premiers membres :

 

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Bouh qu’ils sont vilains !

  • Mastermind : qui manipule les esprits et crée des illusions
  • Le Crapaud : sorte de ressort comique qui ne sait que sauter très haut
  • Quicksilver, très rapide et Scarlet Witch, qui manipule les probabilités. Frère et soeur, ils sont présentés comme sauvés par Magneto et collaborent avec lui avant de devenir gentils. Scarlet Witch aura une carrière fructueuse qui la mèneront à joindre les Avengers, marier un robot et supprimera les pouvoirs de la grande majorité des mutants contre leur gré de longues années plus tard. Quicksilver sera un anti-héros arrogant et cocufié par une Eternal : Crystal.

 

II/ LE FILM

 

C’est à partir de ce matériel de base et de 50 ans de comics que Snyder doit faire un film d’1h40. Comment s’y prend-il ?

A/ Des équipes réduites

Il y a clairement deux stars dans les films X-Men : Magneto et Wolverine. Le film commence logiquement par le jeune Erik dans un camp de concentration et montre les prémisses de son pouvoir. Cela permet d’entrée de jeu de placer l’analogie Juifs/Mutants qui est en effet assez présente dans les comics. (Même si avec le temps, les mutants sont devenus une analogie pour toutes les minorités opprimées).

Le réalisateur se sert de Rogue et de Wolverine comme point d'entrée au sein des X-Men pour le spectateur. Ce n'est pas une mauvaise idée et cela permet d'éviter un récit des origines qui aurait été laborieux. Les scènes d'action sont donc immédiatement présentes et les personnages rapidement présentés. Après une bataille entre le duo Wolverine-Rogue contre Sabretooth, l'équipe des X-Men débarque pour engager les deux mutants. On découvre alors l'école de Charles-Xavier avec comme équipe enseignante Cyclop, Jean Grey et Ororo.

Faisons une petite pause pour nous interroger sur l'utilisation des personnages. Je pense vraiment que la principale difficulté de l'adaptation de l’univers X-Men au cinéma vient de cet incroyable vivier de personnages qu'offre le comics et je reviendrai régulièrement sur ce point dans la suite du dossier. Un réalisateur doit faire face à des contraintes budgétaires (Beast a dû être supprimé du premier film par exemple), à des contraintes commerciales (IL FAUT WOLVERINE. PARTOUT !) et à des contraintes scénaristiques (c'est impossible d'introduire et utiliser correctement plus de 10 personnages différents dans un film). Il faut donc faire des choix.

Dans ce premier opus, Singer a considérablement réduit le nombre de personnages-clefs : Ororo, Wolverine, Jean Grey, Cyclops et Charles-Xavier. Je pense personnellement que ce choix n'est pas mauvais. Ce sont les personnages les plus connus des deux équipes que j'ai présentées. Le personnage de Rogue a été introduit plus tard dans les comics (d'abord en tant qu'adversaire) mais est rapidement devenu un pilier des X-Men et son pouvoir est très intéressant car il est sûrement l'un des plus lourds à porter.

Du côté des méchants, Singer choisit aussi la simplicité en utilisant la confrérie des mauvais mutants, là aussi très réduite puisque composée uniquement du Crapaud, de Dents-de-sabre et de Mystique autour de Magneto. Seul le Crapaud est un personnage de l'équipe originale. Sabretooth, membre des Marauders et ennemi juré de Wolverine, ne rejoint en effet cette équipe que dans les années 2000 et Mystique n'apparaît qu'à la toute fin des années 70. Cependant là aussi le choix est plutôt judicieux puisque ces deux personnages sont connus du grand public et sont des figures inconiques de l'univers X-Men.

Les acteurs sont très inégaux : Jackman, Ian Mckellen et Patrick Stewart sortent clairement du lot et marqueront définitivement leurs personnages. Le choix de Hugh Jackman (1m88) n’était pourtant pas évident puisque Logan est censé être court-sur-pattes pour lui donner un aspect  plus teigneux mais il a su incarner la badassitude du plus populaire des mutants.

 

B/ Mais quelques ratés tout de même

 

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Snif…

Point noir au tableau : avec un effectif aussi réduit, il est quand même dommage que le personnage de Sabretooth soit aussi raté. Alors que le Crapaud sert déjà de faire-valoir un peu nul, il n'était pas besoin d'insister sur l'intellect limité de Dents-de-Sabre qui n'est pas crédible une seconde alors qu'il est l'un des mutants les plus menaçants parmi les ennemis des X-Men (le même problème se posera avec le pauvre Juggernaut). Et une autre question me taraude : pourquoi Mystique est-elle tout le temps toute nue ? Le fait d'avoir des écailles suffit à abandonner toute pudeur ?

 

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Mon dieu ces vêtements me grattent, laissez-moi les enlever !

Du côté des X-Men c'est le pauvre Cyclops qui pâtit d'un traitement catastrophique. Il est vrai que dans le comics il est longtemps le boy-scout fidèle à Charles-Xavier opposé à la coolitude rebelle de Wolverine. (jusqu'à ce qu'il devienne tout récemment le grand terroriste fidèle à la cause de Magneto, mais c'est une autre histoire). Le film reprend cette opposition mais en prenant clairement fait et cause pour le griffu. Pas une scène ne rend le personnage de Scott Summers intéressant (et ce sera encore pire dans les prochains films...). On peut regretter ce massacre d'un personnage majeur de l'équipe, le seul à rester dans la nouvelle équipe en 1975.

Les autres personnages s'en sortent bien. Rogue est bien confrontée aux effets négatifs de son pouvoir et même si elle sert surtout de victime dans ce premier film, on peut se dire qu'elle se développera dans les prochains opus de la série (malheureusement ce ne sera jamais le cas). Jean Grey gagne peu à peu en puissance et Ororo fait un peu figuration mais elle a quand même quelques scènes de combat à son actif.

 

C/ L'histoire

Contrairement aux autres films de la saga, il me semble que pour ce premier opus Brian Singer ne s'inspire pas d'un arc narratif précis du comics. L'histoire est assez simple, Magneto veut se servir de Rogue pour faire fonctionner une machine diabolique qui ne marche que grâce à son pouvoir (mais qui pourrait le tuer) afin de transformer tous les humains en mutants. Les X-Men réussiront à sauver la mise en tuant Rogue que le pouvoir de Wolverine guérira. Histoire très basique sans rebondissements mais elle fonctionne bien.

Bon les effets spéciaux sont très moches. La scène sur la statue de la liberté est une catastrophe de ce point de vue, mais c'était en 2000, on peut être indulgent. Le film a le mérite de poser quelques personnages-clefs et surtout l'opposition d'idéaux entre le Professeur X et Magneto.

Le film est clairement pensé comme un film introductif d’un univers très vaste. Brian Singer s’en sort avec les honneurs en ne cherchant pas à faire trop compliqué. Même si cela implique malheureusement de sacrifier quelques personnages, c’est un choix qui peut se comprendre. Maintenant que le spectateur est familier avec l’univers X-Men, il est temps d’envoyer la sauce : place à X-Men 2 !

 

 

Note : 3

 

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