X-Men : The Last Stand

 

 

Un premier épisode pour poser les bases, un deuxième pour monter en puissance et un troisième pour… TOUT GACHER !

I/ Des intrigues gâchées

Après avoir réalisé les deux premiers X-Men, Singer décide de s’attaque à Superman et laisse la Fox chercher son remplaçant. Après avoir pensé à Vaughn (qui fera First Class), Whedon (qui fera les Avengers) ou même Aronofsky (qui fera de la merde), ils se tournent finalement vers Brett Ratner, (réalisateur de Rush Hour et dernièrement de Hercule, vous le sentez venir le désastre, hein ?)  qui avoue son manque de connaissances du monde Marvel mais affirme être prêt à réaliser le meilleur film possible d’après le script qu'on lui propose. Raté.

Le film utilise deux arc narratifs : « Gifted », paru dans Astonishing X-Men, qui voit l’apparition d’un vaccin permettant de « soigner » les mutants et la fameuse et incontournable saga du Dark Phoenix. Malheureusement le mélange de ces intrigues ne marche pas puisqu'aucune des intrigues n'est vraiment prise au sérieux. Elles se surperposent donc de manière insipide.  La réalisation plate et uniforme n’arrange rien. Le seul moment qui sort du lot est le déplacement du Golden Bride par Magneto (et l’on peut s’interroger sur son utilité scénaristique). Le reste est soit ennuyeux soit ridicule (la mort de Charles-Xavier…). Les pouvoirs qu'ont les mutants peuvent pourtant donner lieu à des scènes innovantes et marquantes. On a vu dans X-Men 2 et on verra dans les X-Men suivants comment le cinéma peut ajouter une dimension à l'univers des mutants en mettant en scène de manière intelligente ce qu'ils ont de différent. Dans The Last Stand, les pouvoirs ne sont que des armes et n'influent en aucun cas la façon dont Brett Natner filme l'histoire.

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Le seul moment un peu cool du film...

Pourtant ces deux arcs narratifs sont à l'origine très forts. Le remède pour les mutants entraîne évidemment des interrogations sur leur identité. Sont-ils des humains atteints d'une maladie ? Ou deviennent-ils d’autres personnes sans leurs pouvoirs ? Dans le film ces questions sont survolées. Malicia est le seul personnage à vraiment se poser des questions (pas de manière subtile hein, faut pas rêver non plus. Utilisons un triangle amoureux plutôt.). Le film préfére créer deux camps manichéens pour mieux préparer la grande bagarre finale. Quant à Dark Phoenix j’y reviens dans un instant.

 

II/ Des personnages gâchés

Allez un petit inventaire. Cyclope, Mystique, Charles-Xavier, Jean Grey, Rogue sont inutilisables après le film. On a vraiment l’impression que Brett Ratner est arrivé dans un univers bien installé et s’est dit « Allez, c’est la dernière virée, on en profite pour tout casser." Le problème est que le film n’est à la hauteur d’aucun de ces personnages. Ils meurent ou disparaissent dans l’indifférence totale. La décision de tuer Cyclope a été prise parce qu’ « il est difficile à s’identifier à un personnage dont on ne voit pas les yeux… » selon l'un des scénaristes. Ray Charles appréciera. Alors que dans le comics, Cyclope est un élément clef de la saga du Phoenix, il devient ici une victime collatérale. Bon, au moins l’horrible acteur qui l’incarne voit son temps de jeu limité.

L’hécatombe de mutants importants est d’autant plus sidérante que le film n’est émouvant à aucun moment. Les morts se succèdent sans réel enjeu et sans que les autres personnages n’aient vraiment le temps de réagir de manière un tant soit peu élaborée. Jamais le spectateur n’est invité à réellement rentrer dans l’univers des mutants. Il est juste là pour assister à la catastrophe.

Evidemment si les personnages principaux sont ratés, le film fait pire pour les autres rôles. Tous les personnages secondaires sont au mieux anecdotiques (Angel, Colossus,…) au pire catastrophiques. (Mon dieu, Juggernaut…) C’est vraiment triste, Angel fait partie des tout premiers X-Men dans le comics tandis que Colossus est un des membres les plus attachants et intéressants de l’univers. Ils ne servent strictement à rien dans le film... De manière assez étrange, dans le dernier temps de l'histoire, Brett Ratner essaye de mettre de l'humour. On a donc droit à Wolverine faisant une blague sur les testicules de son ennemi et surtout Juggernaut (Mon dieu, Juggernaut...) s'exclamant : "I'm the Juggernaut, bitch". Rien que pour cette réplique, ce film mérite de disparaître de la mémoire collective.

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Colossus dans une de ses scènes-clefs

 

III/ DARK PHOENIX GACHE !!!

Le plus gros reproche que l’on peut faire au film est aussi d’avoir échoué si lamentablement avec l’un des arcs narratifs les plus marquants de tout l’univers Marvel. La résurrection de Jean Grey par le Phoenix qu’elle n’arrive pas à contrôler jusqu’à ce que Cyclope la tue. Donc ici, c’est Wolverine qui s’en charge vu que c’est le seul personnage potable du film. (Mon cœur pleure à l’intérieur mais je vais faire avec.) Le principal problème est que le Dark Phoenix est aussi ennuyeux que les autres personnages. On nous montre en une scène à quel point il est puissant grâce aux yeux tout pas beaux de Jean Grey. Puis, il rejoint Magneto pendant l’intrigue du médicament et meurt à la fin. On s’en fout totalement en fait. Pas un instant, on ne ressent d’empathie pour Jean Grey prisonnière de cette puissance galactique. Tout le poids de l’histoire s’écroule donc

 

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Non, non et non !

 

Des personnages mutilés, des intrigues survolées, une réalisation transparente, voilà ce que nous propose Brett Ratner dans X-Men 3, de loin le pire film de la saga. Le principal scénariste, Simon Kinberg,  s'est d'ailleurs récemmement illustré avec Fant4stic, ce ne sera pas donc pas son dernier échec. L'univers des X-Men finit  dans un triste état et on se demande bien comment le studio pourrait rebondir là-dessus....

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