1941

  Réalisation : Steven Spielberg

  Sortie : 1979

  Genre : Comédie

  Durée : 146 minutes

                                                    


1941

Le paradoxe de Spielberg

 

1941 c’est un peu la comédie qui est passée inaperçue et le plaisir coupable d’une poignée de spectateurs avertis. C’est aussi le film de Spielberg dont personne ne se souvient. En même temps il faut dire que 1941 est sorti entre Rencontres du troisième type et Les Aventuriers de l’arche perdue. Difficile de s’imposer dans ces conditions. Et puis il y a le scénario. Après l’attaque de Pearl Harbor, la paranoïa s’empare des Etats-Unis et un sous-marin japonais profite de l’occasion pour s’approcher des côtes américaines. Voilà c’est à peu près tout ce qu’il y a de sérieux à dire sur le pitch du film. C’est peu. Très peu et probablement trop même. Pour le reste difficile de faire dans le linéaire. On peut trouver, pêle-mêle, un sous-marin qui surprend une nageuse forcée de s’accrocher à son péricope, des militaires pleurant devant Dumbo et un pilote totalement saoul, tirant sur tout ce qui bouge, persuadé d’être poursuivi par des japonais. Il faut le voir pour le croire.

1941 1


Autant le dire de suite, ce n’est pas vraiment pour son scénario que l’on regarde ce film. 1941 c’est surtout une foule de promesses. Celle, d’abord, de retrouver Steven Spielberg aux commandes d’un film écrit par Robert Zemeckis et Bob Gale (excusez du peu). Véritable roi d’Hollywood après les succès des Dents de la mer et de Rencontres du troisième type, Spielberg veut se frotter au film de guerre. Cette seule idée, ne suffit pas à attirer les spectateurs en salles et le film est l’un des pires échecs commerciaux de la carrière du réalisateur. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé car côté promesse, que dire du casting ? John Belushi, Dan Aykroyd, Robert Stack, Christopher Lee, Toshirô Mifune, Mickey Rourke, Treat Williams ou John Candy. Une distribution comme on n’en fait malheureusement plus. Il y avait aussi le scenario (si, c’est vrai) qui promettait, sinon une retranscription fidèle de la guerre, une bonne rigolade. Pourtant rien de tout cela ne fonctionne : Spielberg s’enfonce dans son propre projet, les acteurs, et tout particulièrement Belushi sont totalement incontrôlables et l’humour ne prend pas avec le grand public, déboussolé par tant de second degré.

 

19412


Il y avait pourtant de quoi faire avec des scènes d’anthologie pour peu qu’on se donne la peine d’accepter la pochade permanente. On trouve par exemple Robert Stack, l’Eliott Ness de la série Les Incorruptibles, qui s’effondre et pleure comme une madeleine devant Dumbo. On trouve aussi Un clin d’œil de Spielberg à son propre film, Les dents de la mer, sauf que le requin est un sous-marin japonais. John Belushi est une comédie à lui tout seul et que dire du regretté Christopher Lee en officiel allemand despotique.

Bref, il fallait oser et Spielberg l’a fait. S’il n’a pas vraiment été compris ou accepté, le quatrième film (seulement) du réalisateur d’E.T mérite indéniablement le coup d’œil, d’autant plus dans sa version Director’s cut, rallongée d’une demi-heure pour le plus grand bonheur des fans.

4 1

 

Guilhem de Grenier

Du vidéodisque laser au DVD, de la NES à la PS4, du Prisonnier à The Walking Dead, j'explore les époques et les genres.

Une seule certitude, ça marche sur une télévision et je suis bien installé dans mon canapé.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.