300

  Réalisation : Zack Snyder

  Sortie : 2006

  Genre : Péplum

  Durée : 115 minutes

 

 

300

Looks like it's not Athenes

 

Ah, 300. Un peu le film qui a révélé Zack Snyder même s'il avait fait L'armée des morts trois ans auparavant. Un film qui a surtout marqué par son style graphique – le même que le bien supérieur (jetez les cailloux) et différent Sin City – et ses scènes de batailles épiques. Et qui a engendré une suite pas vraiment nécessaire... Mais commençons par le commencement.

 

Le bruit et la fureur

300 est basé sur la bande dessinée du même nom et sur des faits réels : la Bataille des Thermopyles en -480, merci Wikipedia. Comme son nom l'indique, le film relate le combat de 300 spartiates menés par le roi Léonidas cherchant à défendre leur cité contre l'assaut du roi Xerxès et de ses Perses. On peut ainsi diviser le film en deux catégories de scènes arbitraires et caricaturales (un peu comme le film, donc c'est dans le ton – taquet gratuit). La première est ce qui compose la majorité du début du film : des scènes de discussion stériles et drolatiques collant parfois parfaitement au kitsch du film (l'évident « This is madness. This is Sparta ! », qui aura marqué une génération de memes), mais tombant le plus souvent à l'eau. La seconde est la partie la plus intéressante artistiquement (pas de mal) et constitue le seul intérêt et divertissement du film : les scènes de combat. Pendant toute la durée de 300, on se trouve sur cette fine barrière qui nous fait constamment nous demander : « est-ce que je regarde quelque chose d'abouti ou est-ce que je m'inflige une vraie purge ? ». Malheureusement, le film aura trop tendance à osciller entre les deux et ne saura se rattraper que par des scènes de combat qui font assurément leur office auprès du public concerné.

 

Péplumatrix

Une chose surprend avant tout dans 300, cette fameuse caractéristique qui peut nous empêcher de mettre le film au bûcher d'emblée, et qui, je dois le reconnaître, est particulièrement subjective : la manière dont les combats sont traités. Non seulement les spartiates sont des surhommes, les plus puissants de tous les soldats, les plus précis de tous les lanciers, détenant les boucliers les plus résistants et se tenant dans des formations travaillées depuis leur naissance, plus forts que le fils adopté de Jésus et Chuck Norris mais en plus, ils ont un pouvoir assez proche de celui de Max Payne qui fait ralentir le film lorsqu'ils font un mouvement guerrier (vous la sentez ma grosse puissance caricaturale?). Cette seule phrase met en lumière la lourdeur – ou l'importance, selon les points de vue – avec laquelle sont traitées les scènes de combat, y allant chacune de leur ralenti ou de leur acte héroïque. On peut regretter que les spartiates ne bénéficient pas d'une fonction retour arrière, parce qu'au final, tout ça, c'est bien beau, mais ils sont tous morts. Bravo Léonidas, t'aurais pu aller dans l'armée de Xerxès et sauver tes hommes hein, t'es fier de toi ? 300 nous offre une orgie de moments convenus, donc que l'on attend ou pas. Bah oui, les clichés existent bien pour une raison...

 

Une affaire de goûts

Ah, je déteste cette phrase. Ce film est une affaire de goûts. Malheureusement, c'est pour moi la meilleure conclusion que l'on peut en tirer. Je sais que le film m'avait impressionné lorsqu'il était sorti parce qu'il bénéficiait d'un casting assez charismatique et que j'étais jeune et facilement impressionnable. Mais je pense que si l'on décide d'emblée que le film est truffé de scènes kitschs, de combats incompréhensibles, de répliques creuses et de ralentis pseudo-artistiques, je pense qu'il était tout à fait possible d'atteindre un niveau de lecture plus décalé et de s'amuser devant 300. Oui, la mise en scène est parfois assez pitoyable, oui, les acteurs en font des tonnes, et surtout Gerard Butler. Mais je pense que c'est volontaire, le but n'étant absolument pas de faire sortir une quelconque vérité des – presque – deux heures de film ni d'avoir l'air crédible mais de fournir un pur divertissement à base de testostérone et de kitsch renforcé aux stéroïdes. C'est uniquement quand le film se prend trop au sérieux (ou quand nous le prenons trop au sérieux) qu'il en devient pathétique. Et pour l'aspect artistique... Moi je préfère Sin City. Et les ralentis, ça me saoule. D'ailleurs j'ai fait le serment de ne jamais regarder la série Spartacus. Moi, Matrix, ça me suffit, pas besoin de porter une lance et un bouclier pour me donner envie.

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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