American Hustle

  Réalisation : David O. Russel

  Sortie : 2014

  Genre : Drame

  Durée : 138 minutes

 

 

Attention à l’arnaque

 

Une intrigue apparemment complexe

Difficile de résumer le scénario d’American Hustle. David O Russle veut faire un grand film d’arnaque avec plusieurs niveaux de mensonges et de traîtrises, les personnages jouant des double-triple jeux qui sont révélés en cascade jusqu’au dénouement final qui permet de comprendre l’ensemble de l’intrigue. Le mécanisme est connu et peut se révéler passionnant (L’arnaque, Ocean’s Eleven, Inside Man…).

Malheureusement, American Hustle n’a ni la virtuosité, ni la malice de ces réussites et déroule laborieusement et péniblement une affaire inutilement compliquée pour un dénouement simpliste et couru d’avance. Les longs dialogues explicatifs entre les personnages pour ne pas perdre le spectateur sont éprouvants et on attend pendant tout le film que les choses s’accélèrent un peu. En vain. Il ne faut donc pas aller voir ce film si on veut voir un bon thriller, un film d’arnaque soigneusement ficelé et bien rythmé. On se laisse alors à penser que ce n’est pas ce que David O Russel cherchait à faire. Utiliserait-il ces codes pour nous surprendre avec une comédie enlevée portée par un casting éblouissant ?

 

Pour une comédie affreusement ennuyeuse

Et bien c’est autant raté. Passés les acteurs qui se glissent à la perfection dans leurs personnages de loosers et le travail fabuleux des maquilleurs, les rires sont très rares. Il faudra quelques éclairs de Jennifer Lawrence pour nous arracher un sourire, et encore son personnage est très caricatural et les ficelles comiques usées déjà vues mille fois.

Tout le film joue sur la caricature et le second degré. Les personnages ne sont pas crédibles et sont censés nous faire rire par leur décalage avec les enjeux de leurs affaires. Mais David O Russel est loin d’avoir le talent des frères Cohen et si leurs personnages sont bien stupides, ils ne sont pas drôles et deviennent très vite insupportables.

On se contente alors de suivre une intrigue ratée parsemée de gags qui ne font pas rire en se demandant au bout du compte si ce n’est pas nous qui se sommes faits avoir.

2 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

2 votes. Moyenne 2.50 sur 5.