Blindness

  Réalisation : Fernando Meirelles

  Sortie : 2008

  Genre : Drame, Thriller

  Durée : 120 minutes

 

 


 

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You can't see me

 

En 2008, Fernando Meirelles sortait l'adaptation du roman L'Aveuglement du prix Nobel de littérature portugais José Saramago. Avec un casting plutôt alléchant (Julianne Moore, Mark – Hulk – Ruffalo, Danny Glover et Gael Garcia Bernal), il semblait avoir pas mal d'atouts pour s'imposer comme une valeur sûre ou au moins nous surprendre. Pari à moitié réussi.

 

Blindness

Blindness est avant tout l'histoire d'une épidémie. Sans raison ni signe apparents, un homme est atteint de cécité alors qu'il est au volant de sa voiture devant un feu rouge. Assez rapidement, toutes les personnes avec qui il aura eu un contact après avoir été atteint de « cécité blanche » seront eux-mêmes atteints par la maladie. Tous, sauf la femme du docteur qu'il est allé voir pour soigner son affliction. Le gouvernement détectant plus ou moins rapidement l'épidémie (il faut dire qu'à un moment quand des avions s'écrasent il faut bien faire quelque chose) décide d'enfermer les personnes atteintes dans un hôpital désaffecté, en quarantaine. La femme du médecin, bien que toujours épargnée par l'épidémie, décide de suivre son mari en quarantaine. C'est ce qui choque avant tout dans Blindness. Tout repose sur l'épidémie et rien d'autre : nous n'avons ni nom, ni histoire pour les personnages, une apparition et une disparition de la maladie mystérieuses. Rien n'importe si ce n'est la question « que se passerait-il si le monde devenait aveugle d'un coup ». En éludant le reste, bien sûr.

 

Un aveugle, c'est sale

La vie au départ difficile mais soutenable devient rapidement chaotique avec de nouveaux arrivants dans la prison, des gardes plutôt revêches et un environnement de moins en moins sain. A mesure que la vie en dehors de l'hôpital se détériore avec la prolifération de l'affliction, la vie en son sein suit le même chemin : les aveugles défèquent partout, se comportent comme des animaux (et c'est peu dire) et ce n'est qu'une question de temps avant que l'anarchie règne. Bien qu'un peu facile et tombant parfois dans le choquant un peu facilement, le film nous transmet assez bien la dérive provoquée par l'absence de contrôle du gouvernement et surtout à quel point l'équilibre de l'humanité est fragile. Enfin, si ça n'avait pas été aussi flagrant bien entendu ; car Blindness ne nous offre pas la finesse que l'on aurait pu attendre. A la place, il nous met clairement les faits devant les yeux et nous les rabâche pour bien que nous comprenions que le gouvernement, c'est des incompétents et des meuchants, et que les hommes dans une situation pareille se comporteraient comme les dernières des raclures. Je ne dis pas que le sujet n'est pas intéressant, mais il est amené à dos d'éléphant et dans un film où seul ce sujet compte mais pas le scénario ni le fond des personnages, c'est un poil ennuyeux.

 

Poudre aux yeux

Un aspect important de Blindness est … l'aveuglement bien entendu. Et pour bien le rendre il faut jouer d'aspects sonores et visuels convaincants. Déjà pour que le spectateur puisse se mettre à la fois à la place de la femme du médecin qui voit toujours mais également de tous les autres qui ne voient plus. Et encore une fois, on a pu sentir un début de bonne idée avec la première personne aveuglée et le premier plan qui nous met dans ses chaussures. L'aveuglement est représenté par un tintement de triangle, clin d’œil à l'inversion de la cécité de fin de film (si l'on considère que le tintement de triangle n'est qu'un départ de compte à rebours pendant lequel l'humanité sera mise à l'épreuve de la cécité). Le sentiment de la personne atteinte de l'affliction est quant à lui représenté par un changement rapide de couleur, du blanc aveuglant (cécité) à la couleur basique qu'on essaye de discerner. Et si ces deux effets sont plutôt bien réussis et évocateurs, ils sont bien trop utilisés et deviennent vite lassants. Le style en devient presque brouillon... C'est dire pour un film qui ne s'attache qu'à un seul aspect.

 

Un sujet, un effet

Une chose transparaît de tout ce que j'ai pu dire jusque là. Dans le film (et je suppose en partie dans le livre également), seul l'aveuglement est traité ainsi que ses conséquences. On ne bénéficie ni de personnages attachants, ni de scénario intéressant. Soit. Le problème, c'est que si l'on amène mal, traite caricaturalement et élucide trivialement le seul sujet de notre film, on se retrouve vite avec une coquille vide. Dommage, parce que j'aime bien Mark Ruffalo.

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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