La Route

  Réalisation : John Hillcoat

  Sortie : 2009

  Genre : Post-apocalyptique

  Durée : 119 minutes

 

La route

Viggo a faim

 

Viggo Mortensen est avant tout connu pour son rôle d’Aragorn dans la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Mais réduire son talent à cette simple trilogie serait dommage. Ses performances dans Promesses de l’Ombre et A History of Violence n’en sont que deux exemples parmi d’autres. Parlons d’un autre film, justement : La Route.

 

 

On the road again

 

L’histoire démarre en plein milieu d’un monde post-apocalyptique. Dix ans auparavant, le monde a explosé, ne laissant que cendres sur son passage. Dans ce monde sans nourriture, sans végétation et sans énergie qui héberge des menaces constantes, un père met tout en oeuvre pour garder son fils en vie. Leur objectif, si ce n’est survivre, est d’atteindre l’océan par une ancienne route. Et elle est nécessairement semée d’embûches : trouver de quoi se nourrir et boire et ne se faire remarquer ni par les humains qui se sont abandonnés au cannibalisme ni de ceux qui ont peur pour leur vie, tout cela grâce à un seul pistolet contenant uniquement deux balles. Deux balles, évidemment, comme le nombre qu’il faudrait pour que les deux protagonistes puissent se suicider en cas de danger imminent. Pendant que le père se rappelle de sa femme, le fils lutte contre sa situation, tente de comprendre et pousse son père à la compassion. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à cet océan...

 

Lr 2

Deux balles, tu ne peux pas en gâcher.

 

 

Sans issue

 

Quelques films post-apocalyptiques laissent entrevoir un espoir - fin ou pas. La Route ne fait pas partie de ceux-là. Dès le début et tout au long du film, on sent que Mortensen fait tout pour retarder l’échéance, même s’il n’abandonne jamais vraiment son fils. C’est d’ailleurs son interprétation qui porte la quasi-totalité du film. L’américano-danois est saisissant dans un rôle de père protecteur qui se bat avec un équipement des plus rudimentaires et dans une situation des plus dramatiques. Il n’a pas beaucoup d’espoir mais cela ne l’empêche pas de tout faire pour inculquer le peu de valeurs que ce monde contient encore, menant à l’inévitable question du garçon : “on est les gentils hein papa ?”. Si les dialogues sont minimalistes, les visages en disent long, et Mortensen communique beaucoup par sa simple gestuelle et son apparence squelettique. A plusieurs reprises il décidera à l’encontre de sa propre survie pour entretenir l’illusion de la civilisation chez son fils. Même si jusqu’au bout, on doute qu’il reste une quelconque trace vivante de ladite civilisation...

 

Lr

Un caddie, une route. Un père, son fils.

 

Terriblement fantastique

 

Si l’environnement n’est pas forcément toujours crédible, l’esthétique est très travaillée. S’il y a bien 50 nuances de gris dans un film, c’est dans La Route. Le tout ne fait qu'apparaître davantage une nature morte - littéralement - où toute once d’espoir a été abandonnée. On a du mal a vraiment s’identifier avec l’un des protagonistes et le film n’apparaîtra jamais vraiment comme un réel film d’anticipation. Reste une relation exceptionnelle entre un père et son fils dans les pires des circonstances, qui survivent tant bien que mal jusqu’à faire l’ultime sacrifice. La fin de ce film, d’ailleurs, pourra prêter à l’optimisme comme au pessimisme selon les inclinations. Je penche personnellement pour la deuxième option tant le film tient à nous assurer de l’absence d’espoir pendant tout son déroulement. Un film qui réussit avant tout grâce à Mortensen, mais qui réussit tout de même.

 

Lr 3

Enfin la plage...

 

4 1

 
 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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