Locke

  Réalisation : Steven Knight

  Sortie : 2014

  Genre : Drame

  Durée : 85 minutes

 

Locke 3

Vous n’y connaissez rien à la destinopose

 

On avait déjà vu Tom Hardy porter un film à lui tout seul dans Bronson de Refn. Mais il faut reconnaitre qu’il était bien assisté par la vision du réalisateur qui nous a offert un film puissant et particulièrement réussi d’un point de vue graphique. Dans Locke, Hardy est seul, dans sa voiture, avec son seul téléphone pour développer un scénario. Et ça fonctionne … à moitié.

 

 

Ivan Locke, conducteur

 

Un Tom Hardy, une voiture et un téléphone. Voilà ce que nous propose le film Locke qui narre  le trajet automobile d’un contremaître de travaux publics. Tout roule pour lui (même sa voiture) : il rencontre beaucoup de succès dans son travail et est sur le point de boucler un très gros contrat, il a une femme et deux enfants avec qui les relations sont bonnes. Tout roule, si ce n’est une erreur qu’il a faite il y a neuf mois. Il a mis une femme qu’il a rencontrée alors qu’il était loin de chez lui enceinte. Son trajet, ce sera celui de l’homme qui veut se détacher de son père qui l’avait abandonné à sa naissance pour reconnaître son enfant d’une relation extra-conjugale. Et dans sa quête de rédemption, on le verra converser avec l’arrière de sa voiture où il imagine son père à qui il reproche ses fautes et de qui il veut se détacher, avec son patron qui le renvoie à contrecoeur après qu’Ivan Locke a décidé de ne pas se présenter sur le chantier le lendemain, et avec sa famille pour leur annoncer la nouvelle et tenter de recoller les morceaux, avec plus ou moins de succès. Tout cela jusqu’à arriver à une sortie qui semble nous montrer le bout de sa route (et la fin du film).

 

Locke 1

Voici Tom Hardy dans une voiture

 

 

Tom Hardy a encore frappé

 

Il faut reconnaître que Locke est un petit tour de force, s’il existe une telle chose. Oser développer un scénario enfermé dans une voiture conduite par un homme dont les seuls interlocuteurs sont des contacts téléphoniques et un passager fantôme a quelque chose de plutôt impressionnant. Mais rien de tout ça ne pourrait fonctionner sans Tom Hardy qui prouve encore une fois s’il le fallait qu’il est un acteur de grand talent capable de captiver une audience sans beaucoup d’artifices. L’acteur britannique fait une nouvelle fois parler son incroyable calme et sa présence face caméra et développe un personnage toujours placide face aux événements qui se présentent à lui. Et il faut bien, puisqu’on ne fait qu’entendre les voix des personnes avec qui il parle mais qu’il est la seule personne que l’on voit à l’écran. C’est donc à lui de donner le ton du film par son timbre, son ton et ses mimiques. Pas facile, sauf pour Hardy qui est habituée maintenant à ce genre de performance. Il a effectivement depuis pris des rôles avec des backgrounds différents mais toujours avec ce sens du calme et du charisme silencieux. Impressionnant.

 

Locke

Et là Tom Hardy, dans une voiture.

 

 

Les limites d’une boite de métal

 

Mais voilà, contrairement à son rôle dans Bronson, Hardy est très seul dans ce paysage. Il ne bénéficie pas d’une direction artistique particulièrement élaborée ni d’un scénario bluffant, et encore moins d’un personnage des plus intéressants. L’obsession de celui-ci de se distinguer de son père n’est pas vraiment convaincant, et la quête de Locke ne présente finalement qu’un intérêt modéré. On en viendrait presque plus à apprécier ses échanges avec son ancien subordonné qui se retrouve dans des situations délicates qu’il se chargera, encore une fois, de régler. Le personnage est beaucoup trop lisse et l’histoire beaucoup trop anecdotique pour laisser une véritable marque et le film pourra s’oublier relativement facilement. En attendant, Locke reste intéressant à voir pour son concept et pour Tom Hardy. Et c’est surtout pour compléter le visionnage de la filmographie de celui-ci qu’on peut vous conseiller de le regarder.

 

Locke 4

Oh ! Mais serait-ce Tom Hardy, dans une voiture ?

 

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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