Lucy

  Réalisation : Luc Besson

  Sortie : 2014

  Genre : Action

  Durée : 90 minutes

 

 

Lucy 4

Un jour je serai le meilleur réalisateur

Qu’on aime ou pas (phrase cliché n° 84), Luc Besson en réalisateur signifie souvent aimer un film ou … le détester. Et si on peut arguer en la faveur de Besson que Léon, le Grand Bleu, le 5e Elément ont tous été globalement apprécié en leur temps, Lucy est la preuve vivante du vide abyssal de Besson en réalisateur depuis.

 

Vous public, ça film, moi expliquer

Il y a quelques temps on pouvait voir une bande-annonce de Lucy avec la sublime Scarlett Johansson qui nous expliquait que l’on utilisait uniquement 10% de notre cerveau. Et par un subtil (SUBTIL ON VOUS DIT) affichage récurrent de pourcentages, on voyait l’actrice gagner peu à peu des pouvoirs et se transformer en Neo de Matrix. Si l’on a pu croire un petit instant qu’il ne s’agissait qu’un effet de bande-annonce, on a vite déchanté. Car tout le film est ponctué d’écrans noirs sur lesquels sont écrits en GRAND et en BLANC le pourcentage actuellement débloqué par la jeune femme. Oyez, oyez, jeunes imbéciles, Luc nous apprend des choses et veut nous faire découvrir les mystères du cerveau. Vous n’utilisez que 10% de votre cerveau, imaginez ce que l’on pourrait faire avec 20%, 30%, 40%, 50%, 60%, 70%, 80, 90% ou soyons fous, 100% ? Vous la sentez ma grosse répétition ? Vous la sentez ma grosse science ? C’est globalement ce que le film a à nous offrir. Ma première réaction au sortir de la salle : ce film est court, et heureusement. L’action va au plus efficace car elle ne fait que servir l’exposé débile du professeur Besson.

Lucy 2

On voit bien que Lucy a un très gros ... cerveau.

 

La foire au cliché et la pompe aux idées

Mais comme cet exposé prétentieux ne suffisait pas, il a fallu le munir d’une armée de clichés et de références absolument honteuses tant la comparaison est impossible. Pêle-mêle, on aura droit à la scène « je lève mon bras et tout le monde tombe » de Star Wars, de nombreuses scènes de 2001, L’odyssée de l’espace (au nom du peuple français, pardon Stanley), la mafia asiatique de tous les films de mafia asiatique, les scientifiques de tous les films de scientifiques, un flic français un peu dur mais du côté des gentils (parce que oui, tout de même, Besson sait casser le mythe du français méchant, et il le fait tellement bien ! C’EST DE L’IRONIE), et un rappel de la peinture du plafond de la chapelle Sixtine entre Lucy (l’héroïne) et Lucy (la « première femme », comme dit dans le film). Mais la pièce maitresse, évidemment, c’est Morgan Freeman. Car si vous voulez vous enfoncer au plus profond dans les clichés et dans les références, vous aurez  besoin du narrateur le plus évident de la planète cinéma, j’ai nommé Morgan Freeman. Attention, s’il a autant de succès le Morgan Freeman, c’est qu’il le mérite, on est d’accord, mais il faut tout de même oser aller jusqu’au bout de son trip. Et Besson, là, je lui tire mon chapeau. Jamais au cinéma je ne me suis senti autant pris pour un con. 

Lucy 3

La sortie c'est par là !

 

On oublie tout ?

Il faut reconnaitre au film un côté action qui, s’il est déjà vu dans des milliers d’autres films, permet tout de même de donner un rythme relativement bien soutenu par Scarlett Johansson. Pour autant, il ne cache en rien tous les défauts du film et les énormes ficelles qui pendent de toutes les images de la pellicule. Et même si cette dernière phrase ne veut rien dire, vous ne m’en voudrez pas parce qu’elle reste beaucoup plus plausible que n’importe quelle ânerie qu’a voulu vendre Besson. En voulant rationnaliser des faits qui n’ont clairement rien à voir avec la science (si ce n’est la science de la copie), Besson se tire une balle dans le pied et fait d’un potentiel film de science-fiction / action simple mais appréciable un navet de propension apocalyptique qui rencontre pourtant un succès fou. Regardez Star Wars, 2001, L’odyssée de l’Espace, ou Her. Vous retrouverez tout ce que ce film propose. En mieux bien entendu. En espérant ne plus vous revoir à la réalisation monsieur Besson. On vous remercie d’avance.

Lucy

Remets toi à la voix off Scarlett !

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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