Mr. Holmes

  Réalisation : Bill Condon

  Sortie : 2015

  Genre : Policier

  Durée : 105 minutes

                                             


Holmes

Elementaire mon cher Watson !

 

Parmi les films de la fin d'année 2015, Mr Holmes a peu fait parler de lui et pourtant ce film a de quoi marquer l'esprit de ses spectateurs. Il réunit un personnage culte, un acteur culte et un sujet inattendu pour ce cadre, la vieillesse de Sherlock Holmes. Celui ci apparaît hors de son environnement habituel. Loin de Londres, dans la campagne anglaise, au milieu des bocages, en bon apiculteur nanogénaire.

Le scénario traite principalement de la vieillesse de Sherlock Holmes, retiré des enquêtes londoniennes, dans un cadre plus plaisible. Au début de l'intrigue, il semble déjà fatigué et même épuisé. On ne pourra en vouloir à Ian McKellen de ne plus être le jeune homme fringuant qu'il était lorsqu'il combattait les X-Men ou les hordes de Sauron. La faiblesse du personnage face au vieillissement montre une autre image de la légende, celle de l'homme derrière le mythe.

 

Holmes

Même pour le plus grand des enquêteurs, le troisième âge existe !

L'histoire débute avec le retour de Mr Holmes dans sa demeure de campagne suite à un voyage au Japon. Il engage alors une bonne pour tenir sa maison et celle-ci amene son fils avec elle. Le lien qui va se former entre le jeune homme et le vieillard est le fil conducteur de cette intrigue. Le partage du savoir et de l'expérience de l'enquêteur va l'obliger à se remémorer son passé héroïque. La sénilité va le rattraper et son passé tout comme son personnage de légende va lui filer entre les doigts. Cette lutte contre le temps pour un personnage comme Sherlock Holmes n'est pas anodine.

Le scénario se révèle sous deux angles, celui d'un Sherlock Holmes actuel et le Sherlock Holmes du passé lors de flashbacks rappelant sa dernière enquête et ses aboutissants. Sherlock est marqué par cette affaire. Bien qu'il présente l'image d'un ermite, il offre une dernière résistance à la maladie pour apprendre à se connaître dans ses derniers instants. L'image qui ressort du personnage ainsi que sa détresse est poignante dans les faits comme dans ses traits. Ian McKellen porte un personnage fort mais vieilli par le fardeau d'une vie et il arrive très régulièrement que dans son regard et dans sa faiblesse, on puisse très simplement retrouver un être humain en fin de vie.

C'est la simplicité par laquelle le personnage va essayer de survivre pour accomplir son but qui offre une chance à Sherlock Holmes de devenir un homme à la hauteur de la légende. Les romans veulent que le personnage soit comme Watson le définit et ici il refuse cette création pour s'accomplir.

 

Hoolmes

Entre la fiction et les souvenirs, Holmes se redécouvre dans ses affaires

 

Le propos tenu dans le film reste simple et l'imagerie proposée se veut du même accabit. La campagne anglaise, les prés et les plages vont ainsi se mêler aux intérieurs et à Londres, à cette civilisation du XIXeme siècle, aux hauts de formes et aux voiturettes. Cet univers reste très classique et se veut fidèle à l'ambiance des romans d'enquête. Il y a de nombreux échanges entre les personnages qui servent de clins d'œil au mythe voué au personnage romanesque, ceux-ci restant un délice pour les amateurs du genre.

Finalement l'œuvre propose un retour réaliste après l'exposition d'un sujet d'origine fictionnel. La sénilité de Sherlock Holmes et son décalage avec l'univers qui l'entoure mettent le spectateur face à une réalité frappante, la vieillesse de chacun et son aspect inévitable. Le cas d'un héros de fiction confronté avec cette réalité va accentuer l'aspect presque dramatique que l'on pourrait voir dans cette œuvre. Pourtant en voyant un homme âgé lutter avec pour volonté le rétablissement de la vérité, on décèle dans ce personnage abaissé un être grandi, une nouvelle conception, le refus des fatalités aussi dures soient elles.

Le film est porteur, il est fort et il sait prendre par les sentiments celui qui oserait voir cette expérience comme une optique de vie. Ian McKellen reste grand dans cette pépite dorée et son interprétation est porteuse d'une force et d'une vaille que peu savent offrir à son âge. Mr Holmes reste une perle d'humanité et de subtilité qui se regarde avec délice, et malgré les nombreuses différences, Sherlock Holmes garde ses airs britanniques et un humour digne de nos voisins anglo-saxons qui nous offrent toujours autant d'exquises découvertes cinématographiques.

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Lénaïc Leroy

Vidéaste et amateur de cuisine, ces passe-temps développent assez ma demande pour être capable de la ramener sur absolument tout, et surtout les mauvais films et les gratins.

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