Zero Theorem

  Réalisation : Terry Gilliam

  Sortie : 2014

  Genre : Science-fiction

  Durée : 107 minutes

 

 

1605907974 le the ore me ze ro

Dystropie

 

Le parcours cinématographique de Gilliam est assez fascinant et fait d’ailleurs l’objet de nombreux articles et chroniques. L’ancien Monty Python est en effet très connu pour sa capacité à se lancer dans des projets calamiteux qui n’aboutissent pas. (Don Quichotte étant le plus célèbre). Mais Terry Gilliam a aussi gagné le cœur des cinéphiles et des critiques en réalisant quelques films réputés et notamment Brazil, critique réussie d’un Etat techno-totalitaire. Après de nouveaux projets avortés, il revient donc sur le terrain de la dystopie avec Zero Theorem. Bonne idée ?

 

Gilliam fait du Gilliam (en moins bien)

Il suffit de vingt minutes pour réaliser le principal problème du film. Gilliam a l’air de n’avoir plus rien à nous dire. Brazil, malgré un message au final assez simpliste, était une réelle surprise pétri de bonnes idées. Dans Zero Theorem, Gilliam semble se contenter d’un univers peu intéressant et pense que quelques gadgets suffiront à nous replonger dans un monde novateur. Cela ne fonctionne pas, tout simplement parce qu’on ne s’attache pas à ce qui se passe dans le monde qu’il crée de toute pièces. Il ne suffit pas d’inventer une machine à théorème (la façon dont elle fonctionne, avec des assemblages de cubes, est en plus peu inspirée) pour que le spectateur crie à la toute puissance imaginative du réalisateur. Il faut aussi des enjeux et des nœuds de tension qui donnent du poids à ce futur improbable. La recherche vaine de Qohen Leth, censé trouver un sens à la vie, en plus d’être une métaphore lourdingue ne nous intéresse pas. On regarde donc les événements loufoques se succéder sans être impliqué un instant par ce qui se passe.

On sent que Gilliam est à l’aise dans cet élément, mais l’ensemble est poussif. Même des petits détails, comme ce panneau multipliant les interdictions, semblent beaucoup trop artificiels pour nous amuser. Les mimiques des personnages, les situations absurdes, l’arrière-plan métaphysique du film, tout semble forcé, trop évident, trop facile. Comme si Terry Gilliam n’avait pas assez remis en question ses réflexes avant de se lancer dans une troisième dystopie. Et c’est vraiment dommage car tout n’est pas à jeter dans ce film.

 

Tout n’est pas perdu

D’abord, l’ensemble du casting est réussi. Les acteurs sont très bons (Christopher Waltz of course) et bien dirigés. L’impression de surjeu qui domine le film tient plus de l’écriture des personnages que des comédiens. Le personnage du jeune garçon, notamment, apporte un vent de fraîcheur au bon moment, puisque la seule compagnie de Qohen commençait à devenir vraiment pénible.

Mais surtout, beaucoup de petites choses rendent le film agréable et laissent regretter que Gilliam ne soit pas allé plus loin (ou ailleurs) avec son idée. Les dialogues sont réussis, le film est plutôt bien rythmé et surtout on sent encore une envie de création chez le réalisateur. La presse semble descendre en flèche Terry Gilliam depuis quelques années et annonce régulièrement son déclin cinématographique. Il est sûr que ce film ne les fera pas changer d’avis, mais il me semble qu’on peut y trouver un certain potentiel. Terry Gilliam sait filmer et sait raconter une histoire. Son humour et son regard acerbe sur la société sont toujours présents. Gardons espoir pour les prochains films !                                                                                               

2 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !