2014 : Le top 10 !


 

La fin d’année est synonyme d’élaboration de tops. L'équipe de Coup-Critique vous propose donc les siens. Je commence aujourd'hui les festivités. J’avais ma liste déjà prête mi-décembre même si aucun film ne m’avait marqué comme La Vie d’Adèle, numéro 1 de mon top l’année dernière. Heureusement j’ai vu in extremis un chef d’œuvre qui s’est propulsé en tête de mon classement. A noter, aucun film français cette année (si on exclut une production belgo-italiano-française et une autre franco-mauritanienne) :

 

            1. Timbuktu, Abderrahmane Sissako

 

Timbuktu 2

 

Visionné en toute fin d’année, ce film m’a finalement prodigué la claque cinématographique tant attendue. Sur un thème pour le moins sensible, Sissako nous livre une histoire bouleversante. Tout est parti de la lapidation d’un couple au Mali. Ce fait divers a donné à Sissako l’envie de créer une œuvre sur ces morts dont personne ne parle à cause du biais ethnocentré de nos médias occidentaux. Il a renoncé au documentaire inadapté pour parler des talibans, et choisit de nous conter un moment de vie dans une ville aux mains des islamistes. Le film ne tombe pas dans le piège du didactisme et nous livre des moments de vie et de mort dans toute leur beauté ou leur noirceur. L’image transcende ce réel et nous montre un Mali que l’on connaît mal sous ses couleurs les plus fortes. Certaines séquences sont à couper le souffle par leur construction et leur intelligence scénique. Abderrahmane Sissako est un grand réalisateur. Timbuktu est un grand film.

 

             2. Le sel de la Terre, Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

 

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Comment ne pas parler de ce documentaire bouleversant de Wim Wenders, autre manière de filmer les horreurs de l’humanité. En utilisant le regard de Salgado, immense photographe qui s’est acharné à montrer l’homme dans ce qu’il est de plus beau et de plus laid, Win Wenders nous force à prendre conscience de ce monde qui nous entoure et qu’on a tendance, trop vite, à oublier. Le regard intense d'un cinéaste sur l'oeuvre profonde d'un photographe.

Ma critique pour Cinématraque.

 

             3. Deux jours, une nuit, Les frères Dardenne

 

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Les frères Dardenne ont encore frappé dans une œuvre belle sans être misérabiliste, sobre sans être minimaliste, et surtout profondément humaniste. Que reste-t-il des liens humains quand ils sont broyés par la nécessité économique ? Comment se battre quand on se sent inutile ? Ce sont à ces questions fortes qu’essayent de répondre les cinéastes, qui excellent une fois de plus dans leur art.

La critique

 

            4. Her, Spike Jonze

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Dans un futur proche, et si réaliste, un homme solitaire se lie d’affection avec une intelligence artificielle à la voix divine. Le film pose d’une manière nouvelle la question de l’intelligence artificielle et s’appuie sur l’interprétation sans faute de Joachim Phoenix. Et comme tout bon film de science-fiction, c’est l’Homme qui est interrogé dans sa spécificité mais aussi dans ce qui pourrait le dépasser. On se réjouit par ailleurs, de voir un futur qui n’est pas apocalyptique et qui nous promet de beaux moments.

La critique

 

            5. Mommy, Xavier Dolan

 

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L’exaspérant ou le génial Xavier Dolan prend une nouvelle dimension qui le place dans la cour des Grands. Un film tendre et cruel à la fois sur le rapport entre une femme célibataire et son fils psychologiquement instable. Les tics tape-à-l’œil du jeune cinéaste ne sont pas totalement absents mais ils servent admirablement un film qui évite le pathos.

 

             6. Ida, Pawel Pawlikowski

Ida

Sorti en début d’année, le film de Pawel Pawlikowki, avait séduit par sa sobriété et sa puissance. En décrivant le moment du doute et des choix, pour une jeune nonne qui se découvre juive, Pawlikowski souligne brillamment la fragilité de nos décisions et la difficulté pour les personnages de trouver leur place. Un cadrage audacieux et une image noire et blanc de toute beauté font de ce film un petit bijou à ne pas manquer.

La critique

 

            7. Le vent se lève, Hayao Miyazaki

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Dernier film de l’immense Miyazaki, Le vent se lève est inspiré de la biographie d‘un ingénieur aéronautique. Un cadre beaucoup plus réaliste que ce à quoi nous avait habitué le maître de l’animation. Heureusement, l’onirisme et l’esprit de liberté sont toujours aussi présent et donnent une grâce admirable à ce film aussi léger que le vent.

 

            8. Charlie’s Country, Rolf de Heer

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Drôle et émouvant, Charlie’s Country tient sur les épaules de son incroyable acteur David Gulpili. Celui-ci campe le rôle d’un aborigène qui se joue de la police blanche australienne et de ses codes. Le personnage profondément attachant nous charme et nous fait partager ses sentiments. Que faire quand on ne sent plus chez soi sur son propre sol ?

Ma critique pour Cinématraque

 

            9. Le conte de la princesse Kaguya, Isao Takahata

 

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Le réalisateur du traumatisant Tombeau des Lucioles, revient avec une magnifique fable onirique, inspirée du folklore japonais. Un mystérieux bébé abandonné devient une belle princesse sous les yeux de son entourage mais alors qu’elle suscite toutes les convoitises son désir de liberté devient plus ardent jusqu’à ce qu’elle retrouve sa vraie nature. Tout est beau dans ce film enchanteur et cruel.

 

             10.  Lego la grande aventure, Chris Miller et Phil Lord

 

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Beaucoup de films tristes dans ce top, on finit donc sur un film SUPER GENIAL ! Je n’attendais, à vrai dire, pas grand-chose d’un film Lego et pourtant il réussit l’exploit d’être constamment drôle, intelligent et parfaitement rythmé. Il réunit surtout dans un même film Batman et Will Ferrell. Rien que pour ça…

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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