Brothers. A tale of two sons

 Développeur : Starbreeze Studios

 Editeur : 505 Games

 Plate-forme : PC, XBox Live Arcade, Playstation Network

 Date de sortie : août 2013

                                       


Bro

Two boys, one CPU

 

Sorti il y a trois ans, Brothers : a tale of two sons est un jeu vidéo développé par le studio Starbreeze avec l'aide du réalisateur libano-suédois, Josef Fares. L’influence du cinéma est très présente dans ce petit bijou qui reste cependant, avant tout, un jeu vidéo.

 

Une bonne idée bien exploitée

Brothers nous met dans la peau de deux frères qui partent à la recherche d’un médicament pour leur père mourant. Oui, le joueur contrôle bien les deux garçons simultanément, c’est là tout l'intérêt du gameplay. La partie gauche de la manette sert à contrôler l’aîné et la partie droite, le cadet (un joystick de direction et un bouton d’interaction avec l’environnement pour chaque personnage). Après quelques minutes d’adaptation, on s’habitue à ces contrôles inhabituels et on comprend rapidement à quel point c’est une excellente idée. A travers les différents niveaux, le jeu fourmille d’idées à partir de ce principe et réussit à utiliser avec intelligence son concept.

Attention, le jeu est court (2 heures), facile et n'a pas beaucoup d'intérêt en rejouabilité. On ne met jamais très longtemps à comprendre ce qu’il faut faire pour passer un obstacle mais on prend plaisir à le franchir et à contrôler les frérots. L’ambiance du jeu aide beaucoup : dans un univers de fantasy, le récit nous entraîne dans des décors bien pensés et agréables (mention spéciale au passage des géants). Si le jeu n'est vraiment pas impressionant techniquement, la direction artistique rattrape cette lacune et on se prend deux ou trois fois à admirer le paysage qui s'offre à nous.

 

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Le jeu offre quelques jolis panoramas

 

Le jeu vidéo comme genre narratif à part entière

On ne va pas entrer ici dans le débat "le jeu vidéo est-il un art ?" mais on va le frôler de très peu. Brothers tranche en effet par la maturité de son univers. Ainsi, en se baladant dans un village tout mignon, on croisera un personnage dans le décor en train de suicider car sa maison a brûlé... Dans son histoire même, aussi simple qu'émouvante, le jeu n'hésite pas à traiter de thèmes forts et durs dès la scène d'introduction. Cette profondeur dans la simplicité donne une autre dimension au jeu. Là où il aurait pu n'être qu'une petite idée de gameplay sympa, il devient un jeu important et marquant dans ce qu'il raconte, une oeuvre narrative à part entière.

De plus, cette narration n'est pas simplement rajoutée au jeu pour le différencier des autres. En effet tout le gameplay s'inscrit dans ce que le jeu raconte. Une idée absolument brillante, que je ne spoilerai pas, en fin de jeu, fait comprendre des émotions très fortes, et le propos principal de l'histoire à travers un changement de gameplay. C'est d'une intelligence rare. Beaucoup de jeux, actuellement, insistent sur l'importance de la narration ( des jeux Telltale à ceux de David Cage...) mais la plupart de ceux-ci se rapprochent plus de l'histoire interactive que du jeu vidéo. Brothers va baucoup plus loin et racontant son histoire notamment par son gameplay et donne donc un exemple de ce que le jeu vidéo peut apporter de plus dans l'art de la narration par rapport aux livres ou aux films.

 

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C'est meugnon !!!

Si vous cherchez avant tout du challenge et une grosse durée de vie, passez votre chemin. En revanche si vous avez 15 euros (voire moins, pendant les soldes) et deux heures devant vous, Brothers vous fera vivre une belle expérience qui pourrait changer votre regard sur le jeu vidéo.

4 1

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi

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