Fez

  Développeur : Polytron Corporation

  Editeur : Microsoft - Trapdoor - Polytron

  Plate-forme : PC - Xbox 360 - PS3 - PS4 - Vita

  Date de sortie : 13 avril 2012

 

 

Fez

Chapeau

 

Dans la liste des jeux vidéo indépendants les plus marquants de tous les temps, on trouvera forcément une petite pépite de la plate-forme sortie tout d'abord sur le XBLA (la belle époque de l'indé chez Microsoft) puis sur Steam et les plateformes Playstation. Et si le titre de la page ou le savant jeu de mot dans mon titre ne sont pas assez évocateurs, je vais bien entendu vous parler de Fez. 

 

2D to 3D 

Gomez vivait dans une petite ville en deux dimensions avec ses congénères jusqu'à ce qu'il reçoive un fez. Depuis, il voit les choses différemment. Car depuis que Gomez a son fez, il peut changer la face du monde qui sera affichée. En plus clair, Gomez voyait tout en 2D auparavant, mais il ne voyait en vérité qu'un côté d'un monde parallélépipédique. Avec son fez, il pourra "tourner" le monde et faire apparaitre chacune des quatre faces du monde. Et grâce à son chapeau, il pourra découvrir l'immensité des tableaux qui l'entourent et leur variété. Gomez vit dans un monde rempli de secret, résolument rétro mais positivement envoutant, aux paysages variés, thématiques non-linéaires et convaincantes. Vous avez le contrôle de Gomez. Votre but : explorer l'univers et résoudre les énigmes qui se présenteront à vous. 

Pour naviguer entre les grandes sections de l'univers, vous aurez à récupérer des cubes, lesquels se décomposent en deux types. Les cubes jaunes se divisent en 8 petits cubes que vous devrez rassembler et les cubes bleus vous seront attribués si vous êtes assez doués pour résoudre les énigmes présentées. En ce qui concerne le déplacement pur, la vision 2D / 3D transfigurera totalement votre manière d'appréhender votre progression. Car ce qui est peut paraitre être un cube vu d'un certain angle devient ... un rectangle si l'on change de perspective. Et je vais tuer le suspense tout de suite : le level design est tout simplement grandiose. La progression est toujours possible, par le biais détourné d'une porte dérobée, par la résolution d'une énigme, par de la plate-forme pure. Et à chaque fois, c'est fait de manière parfaite.

Fez 1

Oh ? Un fez !

 

Je ... dois ... tout ... finir 

Fez est beau. Fez est grand. Fez est intelligent. Trois qualités qui font de lui un chef d'oeuvre (auquel on peut ajouter la musique, dont je parlerai plus tard). Si vous voulez finir le jeu en entier, vous aurez à passer des heures devant votre écran à vous demander ce que vous avez fait pour mériter ça. Certains cubes sont relativement faciles à obtenir, certains tableaux faciles à terminer à 100%. Mais lorsque vous rencontrez d'étranges tableaux sur un mur d'une maison, des tétraminos (Tetris) perdus dans la nature, d'étranges inscriptions sur un monolithe, des murs fissurés et des bombes pour les détruire... C'est là tout le sel de ce jeu, qui propose encore plus que des énigmes et un décor enchanteur, mais va encore plus loin en inventant son propre langage "manette", vous faisant manipuler frénétiquement votre manette ("RT RT LT RT RT LT LT LT"). 

Le jeu sort régulièrement des tours époustouflants de son chapeau et multiplie les clins d'oeil. Un QR Code ? Sortez votre smartphone, et vous obtiendrez certainement une réponse... Une fissure dans un mur ? Cherchez une bombe et faites les exploser (en pensant à Link)... Des tétraminos au sol et en désordre ? Tetris, en gros, c'est savoir ranger ses tetraminos dans le bon sens... Chaque énigme vous demandera soit de vous souvenir de vos anciennes prouesses, soit de penser à de nouvelles solutions pour passer la difficulté. 

Fez 2

Bah oui, il est joli mon fez. Et il est magique.

 

Disasterpeace, roi des compositeurs indés 

En tous points, Fez réussit son objectif. La prise en main est rapide et plaisante, sans être trop évidente. Le monde est enchanteur, évocateur et complètement logique (même s'il nous réserve quelques grosses surprises, dont quelques "glitchs"). Il nous est possible de suivre le chemin que l'on veut, dans les limites du nombre de cubes que nous avons récupérés. La difficulté est au rendez-vous, grâce à des phases de plate-forme intelligentes (par exemple, des plate-formes invisibles qui apparaissent au rythme des éclairs pendant un orage) et un nombre d'énigmes monumental. 

Mais ce qui m'a conquis par dessus tout, ce qui reste avec moi en dehors du jeu, ce qui m'a suivi dans d'autres expériences vidéo ludiques, c'est la musique de Disasterpeace. Je l'ai connu en premier lieu dans ce jeu (qui l'a fait connaitre au plus grand monde également), mais j'ai continué de découvrir ses créations hors et dans les jeux par la suite. Dans Fez, Disasterpeace nous offre un véritable opéra chiptune. Il nous raconte une histoire avec des intonations, à tel point qu'écouter la bande son sans jouer au jeu nous permet déjà de visualiser l'aventure. Sans concessions, Fez est pour moi le jeu indépendant n° 1 à tous points de vue. Le type de jeu peut ne pas plaire à tout le monde, mais le concept transcende tout simplement le média. Fez est un monument (culturel).

Fez 3

On se reparle quand vous aurez ouvert cette porte. Attention, on triche pas !

5 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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