Hotline Miami

  Développeur : Dennaton Games

  Editeur : Devolver Digital

  Plate-forme : PC

  Date de sortie : 23 octobre 2012

 

 

Hotline miami

Allo ? Oui ce serait pour une boucherie svp

En 2012, on voit émerger un bon nombre de perles de jeux indépendants. Parmi elles, on trouve bien entendu Hotline Miami, ou 36 manières de décimer un immeuble entier en l’espace de quelques minutes. Et on doit dire que si le jeu assume clairement son côté retro, il nous propose une variété bien accueillie et une prise en main assez addictive.

 

Un peu inspiré de Drive…

Je reconnais ne pas avoir beaucoup documenté sur le sujet, mais si j’ai joué à Hotline Miami (2012) avant de regarder Drive (2011), je trouve qu’il existe des similitudes assez troublantes entre les deux œuvres. Un homme dont on ne sait finalement pas grand-chose et qui garde souvent le silence qui rencontre une jeune femme avec laquelle la relation finira mal, de l’ultra-violence, et un jacket (le légendaire blouson du canadien dans le film de Nicolas Winding Refn). D’ailleurs, Jacket, c’est le nom que les joueurs ont donné au personnage principal qui, comme Ryan Gosling dans Drive, le portera tout au long de l’œuvre… C’est là que la comparaison s’arrête car bien entendu, la trame de Hotline Miami est celle d’un jeu vidéo et propose un système de niveaux dans lesquels vous aurez à éliminer toute personne hostile sans vous faire vous-même éliminer (un coup = la mort en ce qui vous concerne), tout ceci avec un système de scoring assez abouti qui aura forcément vu l’émergence d’une communauté de speedrunning. On aura également le droit à une double fin bienvenue et assez réfléchie, dont je ne vous parlerai pas ici mais que je vous conseille d’aller explorer par vous-même, car on peut apprécier la réflexion des créateurs.

Hotline 1

Boucherie...

 

Un grand n’importe quoi ?

Attention, ce n’est pas prendre dans le mauvais sens du terme. Si le contenu peut paraitre brouillon par moment, c’est en bonne partie en raison des graphismes délicieusement rétros et de la vue de dessus, mais aussi de votre capacité à faire de jolies piles de cadavres. Vous serez certainement un peu perdus de temps à autres mais ces situations ne sont pas assez présentes pour être véritablement gênantes. Et parmi les dizaines de salles que vous aurez à parcourir, vous aurez l’occasion d’utiliser un grand nombre d’armes et de découvrir de nombreux masques, objets secrets vous permettant d’équiper une amélioration avant d’entrer dans un niveau. A l’arme blanche ou à feu, vous aurez tout le plaisir de découvrir une prise en main pas forcément évidente au début mais que vous saurez maitriser de mieux en mieux. Un joystick pour vous déplacer, un joystick pour viser, prendre et ramasser une arme, ce sont des mouvements plutôt basiques mais qu’il vous faudra exécuter au plus vite pour éliminer vos ennemis le plus rapidement possible. Car si vous en alertez un, il y en a vite cinq ou six qui l’accompagnent…

Hotline 2

Pardon, je faisais que passer !

 

Et dans tout ça, l’expérience de l’utilisateur ?

Inutile de vous le cacher plus longtemps, Hotline Miami est un jeu hautement addictif même s’il est minimaliste. Des armes, des ennemis, nous voilà de retour sur nos bornes d’arcade pour faire péter les scores et finir au plus vite les niveaux (j’en parle comme si j’avais connu les bornes, elle est bonne celle-là). Alors oui, les situations peuvent vous sembler peu variées au premier abord, mais les twists scénaristiques, la présence d’un grand nombre d’armes, de boss plutôt corsés apportent une grande richesse au jeu et justifient certainement le futur deuxième opus et un nouveau scénario. Finalement, Hotline Miami nous prouve qu’en peu de temps et avec des ressources limitées, on peut créer un culte du jeu vidéo. Car par sa bande son tout simplement prodigieuse et tout à fait adaptée (encore un autre point commun avec Drive), sa patte graphique, son scénario, Hotline Miami reste pour tous ceux qui l’ont essayé gravé dans un coin de leur mémoire vidéoludique. Car ce jeu est singulier.

Hotline 3

Touche pas à ma meuf !

4 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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