Xenogears

 Développeur : Square 

 Editeur : Square

 Plate-forme : PS1

 Date de sortie : 11 février 1998

 

 


Xenogears

 

Un jeu de robots avec des vrais morceaux de philosophie dedans

J’ai assez peu d’expérience avec les RPG Japonais. J’ai fini un Final Fantasy et quelques Pokemon… Donc oui, très peu d’expérience. Pourtant ce sont toujours des jeux qui m’attirent. Les scénariis sont souvent très développés, les personnages attachants et les univers riches et travaillés. C’est surtout le gameplay qui m’a toujours un peu repoussé, les levelling me lassent très vite et ces monstres apparaissant au hasard tous les deux pas m’horripilent. Pourtant je ne renonce pas, par peur de passer à côté de chefs d’œuvre vidéoludiques et c’est avec plein d’entrain et de fougue que je me suis mis à Xenogears.


Xenogears est le premier volet d’une série de jeux développés par le studio Monolith qui ont tous connu une très bonne réception critique. Tout commence dans un petit village. Fei, le héros amnésique, vit tranquillement dans son modeste village quand celui-ci est soudainement attaqué. Commence alors une aventure qui nous conduit loin, très loin.



Un jeu très riche

On m’avait promis un scénario poussé, et bien je l’ai eu. Il est tellement poussé que je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. La grande force du jeu est qu’il brasse des thèmes existentiels en permanence. La mort, la vie, l’amour, le deuil, la puissance, dieu, le paradis, l’héritage, le libre-arbitre, le père, la mère, l’eugénisme, le Retour Eternel,  tout y passe. Cela donne lieu à des très belles scènes qui peuvent parfois nous toucher et qui sont en tout cas très rare dans un jeu vidéo, il faut bien le reconnaître. Les références des créateurs sont claires : Nietzsche et Freud principalement. Et on sent vraiment une véritable volonté d’insérer ces philosophies et ces dilemmes dans des véritables contextes narratifs. Cet univers métaphysico-philosophique est donc très attrayant sans être totalement creux.

La narration est donc aussi riche et la plupart des personnages sont travaillés. (comme dans tout RPG, il y a toujours trois, quatre membres de l’équipe dont tout le monde se fout éperdument). Le couple Fei-Elly fonctionne bien sans tomber totalement dans les clichés usuels des jeux vidéos  et leur histoire de cœur s’inscrit bien dans l’intrigue générale de l’histoire. Les méchants ont tous leurs raisons et le jeu est loin d’être manichéen. L’histoire est donc solide et entraînante.

Le gameplay est à la fois classique et novateur pour un RPG. Les combats se déroulent au tour par tour. Le joueur peut soit faire une attaque physique (3 intensités sont possibles qui peuvent donner lieu à des combos quand les persos gagnent en expérience) ou des attaques « magiques » en utilisant des EP. La véritable originalité du jeu est la possibilité d’utiliser les Gears, grosses machines dans lesquels grimpent les héros pour combattre les monstres plus puissants (et les autres Gears bien sûr). Chaque Gear a ses particularités et son équipement qu’il faut améliorer au fil de l’aventure. Les techniques sont les mêmes que pour les combats à pied, sauf que les Gears dépensent de l’essence et qu’aucun objet ne permet d’en regagner au cours d’un combat. Autant dire que c’est l’une des principales difficultés du jeu.

 

Mais un peu trop ambitieux

Le jeu a donc bien toutes les qualités qu’on m’avait annoncées. Et pourtant j’ai mis plus d’un an pour le finir. Bon, j’ai un rythme de jeu assez lent certes, et la durée de vie du jeu est à peu près de 60 heures ce qui est normal pour un RPG. Mais ça s’étire quand même énormément dès la moitié du jeu… Pour tout dire je n’en pouvais plus à la fin et j’ai bâclé une bonne partie du jeu en espérant voir enfin la dernière cinématique. Bien sûr, on ne peut pas reprocher aux développeurs d’essayer d’insuffler un peu de philosophie à leur intrigue. Mais là au bout de la quatrième incarnation de dieu ou de la vague d’existence (véridique) on se lasse un petit peu et surtout on se perd dans tout ce pataquès existentiel. Si bien, que les derniers rebondissements ne font plus beaucoup d’effets et on lit les dialogues sans trop y réfléchir…  C’est un peu dommage.

D’ailleurs concrètement ce défaut majeur est parfaitement illustré par le format du jeu. Le premier CD est classique et cohérent, l’intrigue se construit peu à peu. Et vers la moitié de l’histoire les développeurs ont compris qu’ils n’auraient jamais le budget nécessaire à ce rythme-là. Le CD 2 est donc complètement précipité. On sent qu’il fallait conclure l’histoire absolument et les scènes se suivent sans autre lien qu’une narration expliquant ce qui se passe. C’est une sorte de version accélérée du jeu qui nous détache encore plus de ce qui se passe alors qu’on est censé être au moment des révélations majeures. Encore dommage.

La difficulté du jeu est bien dosée avec une progression plutôt facile jusqu’aux derniers boss qui sont vraiment très coriaces et qui demandent beaucoup de levelling. Quelques phases de plateforme/énigmes auraient pu être évitées car elles sont archi-simples à comprendre mais très pénibles à réaliser (surtout à cause de ces monstres surgissant régulièrement et qui rendent les aller-retour insupportables). Je ne regrette donc pas d’avoir essayé ce jeu qui est une curiosité. Il fourmille d’idées et cela le rend très attachant mais c’est dommage que les créateurs n’aient pas su contenir leur appétit. La sensation de trop-plein se fait vite ressentir et on finit le jeu comme les développeurs. A la hâte.

3 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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