La vie devant soi

  Auteur Romain Gary

  Sortie : 1975

 

 

L'espoir de l'enfance

 

Ce livre est avant tout une voix. Celle de Momo, enfant d’âge indéterminé aux parents inconnus, élevé par une ancienne prostituée dont la maison sert de crèche aux enfants des autres travailleuses de la rue. C’est à travers son regard que l’histoire nous est contée. A travers ses mots surtout, ceux d’un enfant qui ne comprend pas tout ce qui se passe. Romain Gary crée en permanence un décalage entre la tristesse des événements et le langage parfois cru mais toujours « à côté » de ce qu’il veut réellement décrire. Ce sont parfois les mots qui sont déformés « proxynètes » ou les faits qui sont mal compris, les nazis qui ont construit des foyers pour aider les Juifs. C’est un monde selon Momo que construit Romain Gary.

Grace à ce décalage, l’auteur peut se permettre de multiplier les formules et les expressions comiques. On rit énormément en lisant ce livre. Mais ce rire évolue avec les pages. En effet, la première réaction du lecteur est l’amusement face à ce petit être incapable de retranscrire la réalité. Le rire est alors un rire de distance, un rire premier degré. Progressivement, on s’attache cependant à Momo et on réalise que c’est sûrement lui qui comprend le mieux le monde réel. Notre rire est alors un rire de connivence avec le héros. Un rire qui permet de rendre supportable un environnement bien trop dur pour être pris au sérieux.

Et c’est l’espoir qui reste qu’on a refermé le livre. L’espoir d’une meilleure vie pour Momo, l’espoir d’une solidarité entre les êtres, l’espoir d'un amour possible entre une vieille Juive et un petit Arabe. C’est là que réside le nerf du livre, dans cette relation entre cette femme agonisante et le narrateur. C’est un Amour unique qui est décrit, un amour qui protège les personnages de tous les événements extérieurs. La vie malgré ses duretés doit avant tout être une fête, comme l'expriment les amis africains dansant toute la nuit autour de Mme Rosa. On ne peut alors que se réjouir d'avoir la vie devant soi.

5 1

 

Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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