Better Call Saul

  Création : Vince Gilligan et Peter Gould 

  Nombre de saisons : 1

  Nombre d'épisodes : 10

  Durée : 45 minutes

  Diffusion : 8 février 2015 - en production

  Chaîne AMC

 

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Remise de peine

 

Rarement série aura été aussi récompensée que Breaking Bad. Voilà une bonne raison pour laquelle AMC a commandé Better Call Saul. Le spin-off, en mode préquel, reprend les recettes de sa grande sœur, innove et réussit sa première saison.

 

Saison 1 : Slippin’ Jimmy & Mr. McGill

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Rien dans les mains…

James McGill (Bob Odenkirk) est un avocat miteux d’Albuquerque, plus habitués aux cas commis d’office qu’aux lumineux corner offices. Tant mieux, puisque Jimmy travaille depuis l’arrière-salle d’un salon de beauté cambodgien et passe la plupart de son temps à utiliser ses talents oratoires pour obtenir des remises de peine à des clients sans grandes ambitions criminelles. Pourtant, Jimmy rêve plus grand : il rêve de bosser pour HHM, l’ancienne boîte de son frère Charles, enfermé chez lui par une phobie électromagnétique dévastatrice.

Malgré ses rêves, Jimmy n’a cependant ni la verve ni le talent de son frère. Le droit est pour lui une reconversion. Longtemps, dans le froid de Chicago, il a été Slippin’ Jimmy, ce petit arnaqueur aux combines bien rodées, et au fond de James McGill, Esquire, Slippin’ Jimmy a survécu. Lorsque les Kettleman lui préfèrent HHM pour leur cas de détournement de fonds, Jimmy va monter une nouvelle arnaque qui va le propulser sur le chemin de clients improbables, du narcotrafiquant Tuco aux petits vieux abusés par leurs maisons de retraite.

 

The Bob Odenkirk Show

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« Does anyone know what a Chicago sunroof is ? »

Autant Breaking Bad tournait autour du couple improbable de Walter White et Jesse Pinkman – j’écris ça alors que je n’ai pas encore fini la saison 2, mais passons -, autant Better Call Saul s’appuie sur la verve de son acteur pour exister. Bob Odenkirk, en voyou dans la ville des vents ou en avocat à Albuquerque, débite son texte comme si sa vie en dépendait. Si la performance d’acteur n’a rien d’impressionnant, le personnage multiforme qu’il habite est likable comme seul un loser magnifique peut l’être.

A ses côtés, Vince Gilligan ont rappelé quelques figures connues et en ont introduit de nouvelles. Jonathan Banks reprend son rôle en tant que Mike Ehrmantraut, ancien policier loubard qui cherche sa dignité dans l’exercice sans concession du gardiennage de parking et dans celle, plus policé, de grand-père. Michael McKean joue Chuck, le frère de Jimmy et Rhea Seaborn campe Kim Wexler, collègue avocate de Jimmy et son amie dévouée.  Ces deux derniers représentent les deux faces de la vie de Jimmy, passé et futur, problèmes et solutions, famille et amour, etc.

 

Alléchant, en attendant d’en savoir plus

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« … et plus rien dans les poches. »

Un bon scénario, des personnages attachants et des acteurs convaincants, le tout dans un univers connu et apprécié, la recette ne pouvait que fonctionner et Better Call Saul est en effet une réussite. Mais Better Call Saul ne serait pas cette réussite sans l’ambiance. Comme Breaking Bad, elle nous pose dans cette non-ville posée au milieu du désert, Albuquerque et ses quartiers résidentiels, ses interminables avenues désertes, sa vie monotone.

On n’est ni dans la pauvreté, ni dans la richesse, juste dans cet entre-deux sans intérêt que Gilligan et Gould utilisent à la perfection : c’est là que le quotidien absurde vire au drame, que l’individu lambda peut devenir le héros qui nous passionne. Alors que Jimmy McGill n’est pas encore devenu Saul Goodman, Better Call Saul semble vouloir nous expliquer pourquoi cette métamorphose a eu lieu. C’est attirant, et il me tarde désormais aussi bien de rencontrer le personnage dans Breaking Bad que de connaître ses prochaines aventures dans la saison 2.

4 1

 

Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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