Black Mirror

  Création : Charlie Brooker

  Nombre de saisons : 2

  Nombre d'épisodes : 6

  Durée : 40 minutes - 1 heure

  Diffusion : 4 décembre 2011 - en production

 

 

Black mirror

Ecran sur cour

 

Rarement une œuvre audiovisuelle m'aura fait autant d'effet. En quelques courts métrages d'environ une heure, Black Mirror parvient à nous confronter à un nombre fou de questions sur la société de l'image et de l'information ainsi que les nouvelles technologies. Et ce faisant, elle atteint une certaine forme de perfection.

 

Une réflexion sur notre temps

Black Mirror est une série de courts-métrages d'environ une heure sur des thèmes actuels ou d'un futur très proche. Il peut s'agir des réseaux sociaux, de la télévision et de la culture de l'image, de l'intelligence artificielle (avec un épisode proche d'un Her de Spike Jonze, mais différent et tout aussi bon), du divertissement ou des souvenirs. Les sujets sont à chaque fois traités avec une finesse exquise tout en portant un message très fort et assez clair. Black Mirror nous propose de nous poser les vraies questions sur les évolutions de notre époque et ce vers quoi nous pourrions tendre si nous continuons dans cette voie. Peut-on survivre à une humiliation lorsqu'elle est vue à échelle mondiale et relayée par tous les médias ? Si vous pouviez contrôler vos souvenirs, qu'en feriez-vous ? La vie humaine peut-elle être tournée en divertissement ? Si vous pouviez avoir une copie imparfaite d'un proche décédé, la prendriez-vous ? Autant de questions qui sont frôlées par de nombreuses œuvres et qui sont abordées sérieusement et soigneusement par Black Mirror tout en ne nous enfonçant pas son avis dans la gorge. C'est aussi ça qui participe à sa grande qualité.

Black mirror 2

Pauvre cochon ou pauvre homme ?

 

Mini-série, Maxi impact

Le format de Black Mirror participe également à son impact. En un épisode d'une heure, la série aborde un thème en particulier avec un casting à chaque fois différent. Chaque épisode en devient presque un film à lui seul, fourmillant de personnages charismatiques confrontés à des problèmes existentiels et à des décisions (in)humaines. Pour exemple, le deuxième épisode de la première saison est un huis-clos absolument terrifiant (pas film d'horreur terrifiant, mais terrifiant quand on s'y imagine) dans lequel chaque personne doit pédaler sur un vélo d'appartement toute la journée pour se payer de la nourriture, ne sachant même plus ce qu'ils alimentent en pédalant. Étouffés par l'omniprésence de la télévision qui ne les quitte jamais du lever au coucher – car ils devront payer pour ne pas avoir à regarder la publicité – ils n'ont qu'un infime espoir de quitter leur condition : participer à un genre de Nouvelle Star et obtenir un autre travail s'ils réussissent. En une heure, cet épisode aura exposé avec brio la problématique de la dictature de l'image et l'aliénation du grand public. Tout simplement, Black Mirror m'impressionne, et j'ai le sentiment que je manque de mots pour en décrire toutes les qualités.

Black mirror 1

Ca en fait de l'argent mis de côté en roulant...

 

A la portée de tous

En deux mots comme en cent, Black Mirror est une immense réussite. Le genre de série qui peut vous laisser songeur des jours entiers sans pour autant s'adresser à une élite. J'ai rarement été autant émerveillé par une série, encore moins par chaque épisode. Quand en plus cette série s'inscrit parfaitement dans son époque et nous donne à réfléchir sur nos challenges actuels et futurs, je n'ai qu'un conseil, c'est de la mettre dans absolument toutes les mains. Et même si l'idée initiale est simple parfois mais toujours brillante, elle donnera forcément lieu à une ramification de questions tout à fait prodigieuse. Le genre de série qui me ferait mettre 6 / 5, aussi absurde que cela soit, tant elle porte des messages essentiels mais surtout tant elle le fait bien. Il est des séries qui vous apportent un excellent divertissement ou qui sont très bien réalisées. Des séries qui proposent des personnages charismatiques et des scénarios aux petits oignons. D'excellentes séries qui méritent aussi d'être vues et qui bénéficient de qualités indéniables. Et au-dessus de toutes celles-là, il y a Black Mirror.

Black mirror 3

5 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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