Fringe

  Création : J.J Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci 

  Nombre de saisons : 5

  Nombre d'épisodes : 100

  Durée : 23 minutes

  Diffusion : 9 septembre 2008 - 18 janvier 2013

 

 

 

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Tu seras un homme, mon fils alternatif d’un monde parallèle du futur disparu

 

[Précisions spoilers : cette critique évoque  la structure de la série et contient donc quelques révélations minimes . Si vous ne l’avez pas encore vue et que vous êtes sûrs de la regarder, revenez après, si vous hésitez à vous lancer dedans vous pouvez lire, cela ne vous gâchera en rien la série]

 

Faire une critique des cinq saisons de Fringe est une tâche bien ardue. Mais un fidèle du site nous l’a demandé, rapides comme l’éclair, nous exauçons donc son vœu, six mois plus tard.

Kézako

Fringe est passée un peu inaperçu il faut bien le dire. Créée et vite délaissée par le fameux créateur de Lost et réalisateur des prochains Star Wars, J.J Abrams, elle aurait pu à l’instar d’autres séries lancées ou produites par le même homme, s’éteindre discrètement dans l’anonymat le plus complet. (Undercovers, Révolution, Alcatraz…). Au contraire Fringe a su se développer pendant cinq saisons, grace à un petit noyau de fidèles. Les audiences n’ont jamais été extraordinaires mais les scénaristes ont su créer un univers attachant qui a atteint, bon gré mal gré, la barre des 100 épisodes.

Fringe s’est d’abord présentée comme le nouveau X-Files, héritage difficile à porter tant la série de Muller et Sculdy a marqué toute une génération. Le « Fringe » est une division du FBI qui enquête sur des phénomènes paranormaux. Olivia Dunham, agent émérite, est aidée par un jeune surdoué Peter et son père Walter, brillant scientifique, sortant d’un asile psychiatrique.

 

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If there's something strange in the neighborhood....

Oh et il y a Astrid aussi. Et une vache.

 

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Astrid. Et une vache.

Une série qui se mérite

Le format de la série à ses débuts est très classique. Un phénomène étrange se produit en pré-générique (celui-ci est d’ailleurs souvent très réussi et constitue une signature de la série), nos trois mousquetaires enquêtent : Walter fait des blagues, Olivia tire sur des gens et Peter ne fait rien. Astrid, dans son coin, tapote des trucs sur son ordinateur. Les éléments mythologiques, censés donner une cohésion à l’univers, sont rares et émaillés tout au long des épisodes. Ça se regarde mais sans plus. La découverte d’un univers parallèle arrive bien trop tard pour donner un intérêt réel à la première saison qui a cependant le mérite d’introduire les différents personnages.

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Certains monstres sont bien dégoûtants

La saison 2 commence un peu à lancer des pistes intéressantes mais elle est aussi handicapée par de trop nombreux « stand-alone » parfois sans intérêt. Les épisodes comme Peter ou les derniers de la saison commencent à montrer le potentiel de la série. La relation entre Peter et son père notamment prend de l’importance. Ce sera le moteur de la série jusqu’à la fin. Une saison dispensable et une saison moyenne pour commencer, alors que la série n’en fait que cinq, c’est un peu rébarbatif me direz-vous. Certes. Mais la série prend une dimension supplémentaire à partir de là

 

L’humain d’abord !

 

C’est à partir de la saison 3 que Fringe devient une série formidable. Terminés ces moments où l’on mettait l’épisode en pause pour faire un petit tour sur Facebook, on est plongé dans le destin de ces deux mondes parallèles et surtout de ces personnages auxquels on est définitivement attachés. C’est dans la saison 3 que tout le potentiel de la série explose (notamment dans la première partie) et le jeu des acteurs s’en trouve considérablement amélioré. On savait déjà que John Noble (Walter) était grand, il devient génial. Mais c’est surtout Anna Torv qui est transcendée par un scénario qui lui laisse enfin les coudées franches et lui permet de sortir de la carapace froide qui caractérise son personnage. Un régal.

Malgré quelques erreurs de parcours et quelques sub-plots évitables (Bell et la cloche, mon dieu…). Fringe tient son univers jusqu’au bout de la saison 4 et continue à être une très bonne série grâce à sa gestion parfaite des personnages. C’est la figure du père qui sert de fil rouge à l’ensemble de la série. A travers divers portraits et de nombreux événements bouleversants, Fringe nous offre des scènes profondément touchantes sur la relation père-fils, la transmission de l’héritage, la gestion du deuil et sur ce qu’un homme est prêt à faire pour retrouver ce qu’il a perdu. Les sentiments des personnages sont très bien retranscrits et on ne peut que les partager. Si on a franchi l’obstacle des deux premières saisons, on est en empathie avec l’ensemble des héros (et même parfois de certains personnages secondaires, cf l’excellent 406 : And Those We've Left Behind ).

 

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Cette cloche a été élue, par moi, pire intrigue de la série. De loin.

 

La cinquième et dernière saison, bien que très différente des premières, est le symbole de l’ensemble de la série

 

Ça ne tient pas debout et on s’en fout !

En effet la saison 5, raccourcie à 13 épisodes, opère un changement radical à travers un bond de plusieurs années dans le futur. On suit alors nos héros en résistance face à des envahisseurs du futur à la rationalité supérieure mais dénués d’émotions qui ont pris le contrôle de la Terre. Même si narrativement cette saison est détachée du reste de la série, on retrouve les mêmes thèmes et la même alchimie entre les personnages. Cependant la résolution du problème à travers le fameux plan de Walter est tout bonnement ridicule. Ça ne tient pas une minute si on réfléchit cinq minutes à ce que les scénaristes essayent de nous faire avaler. Pourtant j’ai bien aimé cette saison. C’est un adieu aux personnages avec qui l’on a partagé une longue aventure. Et encore une fois les scènes d’émotion sont brillamment écrites, j’ai même eu la larmichette à l’œil. Grâce à Astrid. Et la vache.

L’opposition entre les méchants sans cœur face à nos héros intellectuellement limités est à l’image de la série. Fringe ne brille jamais par son scénario (à l’exception peut-être du début de la saison 3), on ne peut pas dire que c’est une série intelligente, ni très bien construite. Les ficelles narratives sont régulièrement visibles et parfois vraiment agaçantes. Mais on si écoute notre petit cœur palpitant, c’est une série unique, qui brasse avec brio des thèmes universels.

 

Faut la regarder ou pas alors ?

Si vous êtes un méchant intelligent froid et sans cœur, passez votre chemin et allez finir votre partie d’échecs contre vous-même.

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Lex Luthor n'a pas aimé Fringe

Si vous pouvez accepter un scénario parfois complétement con, pour la joie simple de s’attacher à des personnages, et être émus de leur sort, ça vaut vraiment le coup de se forcer à regarder les deux premières saisons. Promis !

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Mehdi Khnissi

Enfant caché de Jean Grey et de Babar, je collectionne les bilboquets en bois.

Je regarde beaucoup de films longs et lents pour oublier l'absurdité de nos vies et je joue à FIFA aussi.

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