Hannibal

  Création : Thomas Harris - Bryan Fuller

  Nombre de saisons : 2

  Nombre d'épisodes : 26

  Durée : 43 minutes

  Diffusion : 4 avril 2013 - en production

 

 

Hannibal

Vous en reprendrez bien un peu ?

 

Hannibal, c'est un personnage qu'on ne présente plus. Apparu dans le livre Dragon Rouge de Thomas Harris en 1981, il est surtout connu par l'excellente interprétation de Sir Anthony Hopkins dans Le Silence des Agneaux, Hannibal et Dragon Rouge, adaptations des romans de Harris. Après l'échec de Hannibal, les Origines du Mal, la série Hannibal arrivera-t-elle à se faire une identité ?

 

Après Hopkins, Mads Mikkelsen

Quand on adapte un personnage aussi complexe et intéressant que le Dr. Hannibal Lecter, il est forcément dur d'obtenir un résultat parfait. Gaspard Uliel a été décevant, et avant la série Hannibal, Anthony Hopkins était tout simplement la référence. Non seulement parce qu'il a su mettre son talent d'acteur au service du personnage mais aussi parce qu'il a donné un visage à Hannibal pour les deux dizaines d'années qui ont suivi. Un peu comme le joker de Nicholson, on voyait mal comment un acteur pourrait être aussi bon, voire meilleure dans son adaptation du Dr, Lecter. Et on avait tort pour les deux. Mads Mikkelsen est tout simplement impressionnant, à tel point qu'on en viendrait presque à oublier Hopkins (j'ai dit presque hein !). Dans la précision de ses gestes, dans son comportement aseptisé et distant, on voit non seulement l'homme brillant, astucieux et le psychopathe qu'était également le Lecter d'Hopkins, mais à mon sens, il nous offre quelque chose en plus : sa psychologie. Forcément, le scénario aide puisqu'il n'est pas encore enfermé. Hopkins était lui aussi très fin psychologue dans les films et cela se ressentait dans ses crimes (en Italie, dans Hannibal par exemple) , mais son identité est dans la série à son paroxysme.

Hannibal 3

Homard ? Fruit ? un peu d'hum... de boeuf ?

 

Hannibal comme on ne l'avait jamais vu

La série ne se repose cependant pas sur la simple performance de Mikkelsen. Il est également porté par un scénario profond, toujours évocateur et qui fait progresser tous les personnages d'épisode en épisode. C'est surtout l'esthétique de la série qui en fait sa grandeur, des scènes de crimes établies en œuvre d'art et qui, analysées par Will Graham, prendront tout leur sens. Avec cette série, on accède tout simplement à la psychologie des psychopathes et à leur manipulation par Lecter. Ce que la série propose en plus également, ce sont les préparations de plats par Hannibal. Ce qui peut apparaître comme un détail sans intérêt sont là encore, de vraies œuvres d'art dont il régale ses invités qui ne se doutent pas qu'il s'agit la plupart du temps de viande humaine. Chasseur, psychologue, cuisinier et amant, la série nous fait profiter de tous les aspects d'Hannibal Lecter dans une ambiance glauque et terne à la fois à couper le souffle. Et le gris prédomine dans la majorité des plans, comme pour donner l'écran de fumée devant lequel se trouvent les enquêteurs ou la psychologie impénétrable du Dr. Lecter. Tous les plans sont travaillés pour produire un effet, que ce soit un choc, un souvenir ou une révélation. Le travail des psychopathes est à leurs yeux une œuvre d'art. Le travail des créateurs de la série est à mes yeux une œuvre d'art.

Hannibal 2

Une esthétique toujours léchée

  

Un format adapté à nos attentes

Si les films sont des adaptations courtes des romans, la série peut pour sa part s'étirer sur la durée, ce qui ne la rend que plus savoureuse. La rencontre entre Will Graham (qu'on sait être celui qui capturera Hannibal en fin de compte) et Hannibal est particulièrement bien dépeinte et leur relation est le point névralgique de la série. Avec Laurence Fishburne, ils forment à eux trois un trio exquis et particulièrement convainquant, Hannibal manipulateur d'un côté et tirant les ficelles, Will Graham et Jack Crawford de l'autre ouvrant peu à peu les yeux. Et si l'on connaît la fin et une bonne partie de l'histoire, on ne veut pas que la série s'arrête, tant elle atteint à certains moments des niveaux de perfection rarement vus sur le petit écran. C'est assurément une réussite qu'on veut voir continuer le plus longtemps possible … tant que cela ne nuit pas à sa qualité ni au scénario. Beaucoup de scènes peuvent choquer et paraître violentes ; il n'en est rien. Car l'objectif est bien d'atteindre une esthétique la plus aboutie possible et la psychologie la plus profonde possible, pas de donner dans la violence facile et la psychologie de café. Car Hannibal est tout simplement en quête de perfection.

Hannibal 1

Du travail de précision...

5 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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