House of Cards

  Création : Beau Willimoon

  Nombre de saisons : 2

  Nombre d'épisodes : 26

  Durée : 50 minutes

  Diffusion : 1 février 2013 - en production

 

 

House

 

Tous les moyens sont bons

 

On ne fait plus la présentation de Kevin Spacey. Excellent dans L.A. Confidential ou American Beauty, il sait donner vie à ses personnages avec brio. Il s'explique réservé sur sa vie privée pour pouvoir rentrer plus profondément dans son personnage. Avec House of Cards, on ne peut que rester bouche bée devant un nouveau coup de maitre de l'acteur.

 

Du pouvoir, toujours plus de pouvoir...

Frank Underwood est le whip du gouvernement à la chambre des représentants. Activement impliqué dans l'élection du tout récent président Walker, il espère en échange la place de Secrétaire d'Etat. Malheureusement, cette promesse ne sera pas tenue. Malheureusement pour le président, car Frank Underwood est la dernière personne que vous voulez contrarier. Manipulateur, extrêmement intelligent et prêt à tout pour parvenir à ses fins, il fera tout pour engranger le plus de pouvoir possible. Et on ne peut pas dire qu'il soit mal accompagné. Sa femme Claire (Robin Wright) a la même main de fer que son mari, dans un autre registre puisqu'elle s'implique dans des œuvres caritatives. A eux deux, ils perceront jusqu'au sommet en n'écartant aucun coup bas... Un couple qu'on aimerait voir plus souvent. Les deux premières saisons montrent la progression monumentale d'Underwood dans le gouvernement, un rôle que Spacey remplit avec brio, à tel point qu'il accapare l'intérêt de la série à lui seul (ou presque). On se trouve assez rapidement aspiré dans les manœuvres politiques américaines et le système d'influence inhérent qu'Underwood manie de main de maître.

Hof 1

Frank Underwood voit les choses en grand...

 

Une réalisation spectaculaire

Le scénario est largement concentré sur le personnage d'Underwood et les quelques errements sur les personnages secondaires ne sont que poudre aux yeux et ont surtout tendance à étirer la narration pour ne pas rester uniquement sur le personnage du congressman. Tout ce qui compte pour le spectateur et pour tous les protagonistes de la série, c'est bel et bien Underwood. Plus remarquable encore que cette attraction autour de Spacey, on relèvera une réalisation quasiment irréprochable et des plans très finement vus. Chaque plan est pensé pour montrer à quel point Underwood a la mainmise sur presque toutes les situations qui lui sont présentées. Underwood a tellement de contrôle qu'il passera même beaucoup de temps à parler au spectateur, tel Woody Allen dans Annie Hall. Mais ce n'est pas dans les mêmes dispositions qu'il le fera : Frank tout puissant nous montre par A + B que tout ce qu'il veut avoir, il peut l'avoir et il l'obtiendra tôt ou tard. Les divers obstacles qu'il rencontre sur son chemin seront balayés tour à tour, même les plus sérieux. Et faire participer le spectateur à son ascension ne fait qu'ajouter au rush de la manipulation.

Hof 2

Spacey regarde régulièrement la caméra pour lui parler. Etrange lubie...

 

Un plaisir coupable

La narration relève quasi exclusivement de la vie du couple Underwood. Cependant, de nombreux autres protagonistes sont développés sans pour autant retenir notre attention. Car ce que veut réellement voir le spectateur, c'est la victoire d'Underwood et pas les investigations de journalistes à son sujet. Si tout tourne autour de lui, ce sont surtout les scènes avec Spacey dont nous nous délectons tant elles sont géniales et tant Spacey lui-même est incroyable. Même la mise en scène nous rend comme des jeunes filles en fleur devant One Direction, un peu à la manière de Walter White dans Breaking Bad. Ce côté « badass » du personnage principal, voire impitoyable, c'est bien cela qui accapare l'attention du spectateur. Prenez pour exemple la dernière scène de la dernière saison. Dans un souci de non-divulgation d'intrigues de la série, je ne vous en dirai pas les détails. Elle montre Underwood penché sur une table, le regard fixe vers la caméra pendant une dizaine de secondes et totalement immobile. Sans que nous nous y attendions, il tape deux fois sur la table et sonne la fin de la deuxième saison - sur un nouveau succès retentissant. House of Cards, c'est avant tout un one man show grandeur nature, un petit plaisir coupable dont on apprécie chaque seconde (où il y a Kevin Spacey, cela va sans dire).

Hof 3

Même si bon, Zoe Barnes on aime bien la voir aussi...

 

A voir sans modération mais en faisant durer le plaisir

House of Cards a la particularité d'être produite par Netflix. Cela peut paraître anodin, mais cela signifie pourtant que tous les épisodes sortent au même moment. Evidemment, au moment où j'écris mes critiques, les saisons sont déjà finies. Mais on peut apprécier davantage une série en la regardant chaque semaine et en attendant avec impatience la suite la semaine d'après. C'est l'effet qu'aura House of Cards si vous le laissez durer. Même si l'on ne peut pas reprocher au casting de ne pas être au niveau, les acteurs étant plutôt convaincants dans l'ensemble, on ne peut les mettre à la cheville de Spacey, aussi parce que la vie des autres n'a pas autant d'intérêt que celle d'Underwood dans House of Cards. On peut regretter ces moments un peu longs parfois centrés sur des personnages secondaires. Mais on ne peut s'empêcher d'exulter à chaque nouveau coup de poignard d'Underwood.

4 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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