Orange is the New Black

  Création : Jenji Kohan

  Nombre de saisons : 2

  Nombre d'épisodes : 26

  Durée : 52 minutes

  Diffusion : 11 juillet 2013 - en production

 

 

Orange is the new black

Netflixed all again

 

On est en juin et Orange is the New Black recommence avec une nouvelle saison. Comment, ça ne vous dit rien ? Mais si, la nouvelle série de la créatrice de Weeds proposée par Netflix ! Celle qui met en scène une jeune femme « innocente » au sein d'une prison ! Si vous ne voyez pas de quoi je parle, il est toujours temps de vous y mettre.

 

Quinze mois au trou

Orange is the new black relate la vie d'une jeune et jolie femme sans histoires et fiancée, qui n'a semble-t-il rien à se reprocher. Évidemment, le synopsis ne peut pas s'arrêter là si la série est signée Jenji Kohan. Car si cette jeune femme n'a apparemment aucune histoire à l'heure actuelle, elle en a eu il y a 10 ans, et elle paye pour ses crimes aujourd'hui. Pour avoir transporté de l'argent obtenu en vendant de la drogue avec sa compagne de l'époque, elle est condamnée à 15 mois de rétention dans une prison de sécurité minimale. Et encore une fois, comme on a pu le sentir dans Weeds, Jenji Kohan retransmet plutôt bien les classiques (car quand les clichés sont de qualités, ils deviennent des classiques, oui monsieur !). La prison est divisée en clans, souvent en rapport avec les origines ethniques des prisonnières mais même davantage en leur sein. Les prisonnières ont toutes de fortes personnalités et sont souvent dangereuses (normal, vous me direz) et font tout pour conserver le peu de pouvoir qu'elles ont sur leur clan. Le tout dans le but de survivre à l'expérience et souvent d'en tirer le maximum. La pression du groupe se fait toujours ressentir sur l'héroïne comme sur les autres prisonnières, jamais à l'abri d'un coup bas ou pire. C'est dans ce contexte que Piper Chapman, notre héroïne, devra s'habituer à la vie en prison pendant son incarcération.

Orange 1

Attention il t'en reste un peu entre les dents...

 

Parce qu'on est bien loin de Prison Break

Il est clair qu'Orange is the New Black profite des ficelles classiques de la prison, entre jeux de pouvoirs et construction de réseaux, tout en insistant bien entendu sur la tension sexuelle qui y règne – l'héroïne étant bisexuelle et ayant été trahie dans sa dernière relation homosexuelle ne faisant que rajouter à l’ambiguïté de la situation. Seulement, c'est voir bien peu dans cette série que de s'arrêter là, et il est de toute façon impossible de ne pas être témoin de tout ce qu'elle nous apporte en plus en termes d'interactions. Le point central de la série est bien entendu l'évolution psychologique et sociale de l'héroïne et de son entourage à travers son passage en prison : la manière dont son fiancé réagit en dehors, avant et pendant son incarcération (un Jason Biggs égal à lui-même mais plutôt intéressant), les retrouvailles avec son ex-compagne et raison de sa présence au sein de la même prison (ah, Laura Prepon, on n'en a vu qu'un éclair dans How I Met Your Mother, mais quel régal cette actrice), son contact avec les autres prisonnières qui finira explosif. Qui plus est, l'héroïne n'est pas le seul personnage qui tire son épingle du jeu, puisque tous les personnages sont soignés et leurs interactions restent au cœur de la narration. Et je suis convaincu qu'il est tout à fait possible de s'identifier avec les autres prisonnières (même si ça ne m'est pas arrivé clairement, sauf avec l'héroïne). On n'oubliera pas les matons qui ne tranchent pas avec les clichés habituels mais qui remplissent leur rôle avec succès.

Orange 2

Des personnages attachants on vous dit

 

Une épopée humaine

Si l'environnement et les interactions sont particulièrement soignés, un sentiment prédomine cependant, c'est la frustration ressentie par l'héroïne au fil des épisodes. Au début, Piper se sent trahie, mais finit par se résoudre à son sort et à en tirer le meilleur parti. Et son évolution en prison ne cesse de nous tirailler tant sa personnalité ne colle pas avec le monde de la prison. On se demande forcément ce qui se passerait si c'était nous là, à sa place. Bon forcément je suis un gars donc c'est impossible, mais quand même. L'identification avec l'héroïne est presque immédiate, notre empathie automatique, Jenji Kohan produit encore du travail émotionnel léché et nous amène à apprécier des personnes assez détestables au premier abord. Comme pour Piper Chapman, le premier contact est rude et l'acclimatation difficile. Mais comme pour Piper Chapman, la prison peut devenir de temps en temps un lieu dans lequel on a envie de revenir, avec des prisonnières aux personnalités attachantes et aux backgrounds riches. Enfin, ça c'est certainement parce qu'on est en dehors. Ce qui est sûr, c'est que les moments de tension et de calme s'entrecroisent sans jamais décevoir et nous donnent à voir une œuvre singulière, jamais vue et qui sait embrasser ses classiques sans en faire son cheval de bataille. Et c'est là la véritable force de Orange is the New Black. Encore une réussite Netflix...

Orange 3

Nous aussi on attend patiemment la saison 3...

4 1

 

Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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