Platane

  Création : Éric Judor et Hafid F. Benamar

  Nombre de saisons : 2

  Nombre d'épisodes : 24

  Durée : 33 minutes

  Diffusion : 5 septembre 2011 – en production

 

 

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Slalom réussi pour Eric sans Ramzy

 

Certes, il n’y a guère de concurrence dans le domaine de la sitcom française. Certes, Eric Judor bénéficie d’un capital sympathie presque illimité. Certes, la moitié du cinéma français lui donne la réplique. Mais pour autant, le projet solo se distingue par de vraies qualités en droite d’un certain humour anglo-saxon.

 

A la recherche de la crédibilité perdue

Eric est heureux : sa nouvelle série HP, spin-of fictif du fabuleux H, est prête. Ramsy et l’humour sont au rendez-vous, et c’est la fête. Eric boit : sa 4L emboutit un platane, et il passe un an dans le coma. Quand il se réveille, HP est un succès mais plus le sien. Alors pour se relancer, Eric va prendre une nouvelle direction, il veut faire un film sérieux.

La première saison de Platane, c’est le parcours du combattant du scénariste/réalisateur Eric Judor : à la recherche d’idées, d’un scénario, d’acteurs, d’un réalisateur, d’effets spéciaux. Derrière toutes ces quêtes, ce sont sa crédibilité et sa propre estime de soi que cherche un Eric Judor maladroit, qui fait rire par le décalage entre sa réalité d’ancienne star et les difficultés du monde réel (et a fortiori du milieu du cinéma).

 

Platane

 

Ricky Gervais, es-tu là ?

L’humour de Platane est à la fois basé sur la personnalité d’Eric et sur le malaise qui se crée lorsqu’il se confronte au quotidien. Pas besoin de revenir sur le premier composant, c’est celui qu’on retrouve abondamment dans les spectacles et les programmes de cette génération de comiques qui se partageaient l’écran dans H. Cet humour des banlieues semble d’ailleurs avoir mal vieilli, sans doute l’une des raisons qui poussent Eric à rechercher le succès critique.

Le second composant, c’est un humour beaucoup plus anglo-saxon et plus rare en France. Utilisé régulièrement par Ricky Gervais dans Extras mais aussi dans Life’s Too Short, c’est un travail autour de l’égo de son personnage. Mais quand ce sont cet égo et cette verve que l’on aime chez Eric, l’humiliation qui s’en suit souvent pour le personnage implique le spectateur et crée un sentiment de malaise, récurrent ici.

 

Merci les guests

Platane réussit donc sa première saison, mais semble atteindre les limites de son développement (le tournage d’un film), une réorientation tout en gardant les mêmes thèmes (mirage de la célébrité) sera sans doute nécessaire pour que la saison 2 soit aussi intéressante. La série bénéficie également de la présence de très nombreux guests qu’Eric Judor prend souvent plaisir à dépeindre en capricieux (Vincent Cassel), roublard (Pierre Richard), sentimental (Mathieu Amalric), etc. Ces nombreuses apparitions brisent la monotonie des premiers épisodes dont la structure est souvent identique.

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Mais au final, Platane demeure une série courte (épisodes de 30 minutes) divertissante, ce qui est bien trop rare en France.

4 1

 

 

Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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