The Last Man On Earth

  Création : Will Forte

  Nombre de saisons : 1

  Nombre d'épisodes : 13

  Durée : 22 minutes

  Diffusion : 1er mars 2015 - en production

  Chaîne Fox

 

Dans la tête de Will Forte

 

Ancien du Saturday Night Live, Will Forte n’a guère déçu depuis qu’il a quitté l’émission satirique pour lancer sa carrière solo. Alors quand il annonce une sitcom post-apocalyptique dans laquelle il incarne l’ultime survivant de l’Humanité, il y a de quoi être curieux.

 

Saison 1 : Seul et libre

Phil Miller (Will Forte) est seul. Et pour cause, après qu’un virus a décimé l’espèce, il est le dernier Homme sur Terre, le seul survivant. Pourtant, sans perdre espoir, il parcourt les cinquante états unis et sème des invitations à le rejoindre (« Alive in Tucson »). Entre temps, il traîne dans un bar où il discute avec ses amis imaginaires (des balles et ballons de volley, tennis, football, etc.) et résout ses problèmes de sanitaires en creusant un trou dans le plongeoir d’une piscine. Bref, on se dit que Phil fait preuve de cette extraordinaire capacité de résilience qui caractérise nos semblables et a su combler sa solitude par une réjouissante décadence.

Difficile retour à la réalité

Difficile retour à la réalité

Voilà bien le problème. A s’être trop habitué à l’infinie liberté de la solitude, le bonheur de rencontrer un autre survivant – par bonheur, du sexe opposé – va s’en trouver diminué : il faut de nouveau faire place aux compromis nécessaires à la vie en société. Malheureusement, Phil n’est pas le genre doué pour les compromis : prêt à tout pour satisfaire ses désirs, c’est par le mensonge et la manipulation qu’il va tenter de parvenir. Mais peu doué pour la chose, il ne parviendra qu’à se ridiculiser et à compromettre ses chances de « repeupler la planète ».

 

Will Forte et Kristen Schaal sont dans un désert

Evidemment, Phil n’est pas le dernier Homme sur Terre, il suffit de regarder le casting pour s’en rendre compte. Carol (Kristen Schaal) débarque dès le deuxième épisode pour mettre en branle la mécanique réussie de cette première saison : l’impossibilité pour Phil de reconstituer à plusieurs l’équilibre auquel il était parvenu en solitaire. Série sur la colocation ou sur la vie en société (choisissez votre échelle), The Last Man On Earth pose, au-delà des péripéties toujours ridicules du personnage principal, la question des règles fondamentales qui permettent à des individus de vivre ensemble.

Drôle de sélection naturelle

Drôle de sélection naturelle

Ces règles se compliquent avec l’entrée régulière de nouveaux personnages qui redéfinissent constamment l’équilibre, offre à Phil de nouvelles tentations (January Jones, toujours aussi magnifique qu’insipide, joue Melissa) que de nouvelles contraintes (l’arrivée de Mel Rodriguez, alias Todd, mâle corpulent et concurrent). Cette complexification de la société oblige cependant la série à se recentrer sur les pitreries de Will Forte, aux dépens d’une analyse plus profonde des mécanismes psycho-sociaux.

 

La bonne surprise comique de l’année

Après les déceptions générées par Transparent et Unbreakable Kimmy Schmidt, The Last Man On Earth est finalement la bonne surprise comique de l’année. Série conceptuelle par excellente, elle s’acharne à toujours prendre le contre-pied de ce que l’on attend d’elle : on lui est notamment redevable de ne concéder le feel good moment qui doit clore chaque épisode que pour mieux le prendre à revers. Bref, une bonne petite comédie divertissante.

3 1

 

Hugo Argenton

En attendant d'aller faire l'ermite dans les Highlands ou le Bayou, avec l'oeuvre intégrale de Tolkien pour seule compagnie, je hante les salles du nord-ouest parisien et dévore séries politiques et romans.

On a la vie qu'on peut.

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