The Office [US]

  Création : Ricky Gervais - Stephen Merchant

  Nombre de saisons : 9

  Nombre d'épisodes : 201

  Durée : 22 minutes

  Diffusion : 24 mars 2005 - 16 mai 2013

 

 


 

Theoffice

 

Qui a commandé du papier ? 

 

A l'origine version dupliquée de « The Office UK » de Ricky Gervais, The Office version américaine a réussi, à la tête de ses 9 saisons ininterrompues, à se hisser parmi les meilleures séries comiques et à mettre en évidence le talent de Steve Carell. Ou est-ce plutôt l'inverse (Non, je ne veux pas dire par là que Steve Carell a 9 saisons) ?

 

Dunder Mifflin : la madeleine de Proust de l'employé

Il est vrai que je n'ai que 24 ans. Parler de madeleine de Proust de l'employé c'est un peu fort quand on a eu pour seule expérience de longue durée un stage d'un an. Et pourtant, quand j'utilise ces termes, je ne peux pas mieux exprimer les premiers ressentis lorsque l'on regarde un épisode de The Office. Certes, Michael Scott, regional manager de Dunder Mifflin à Scranton, Pennsylvanie, n'est pas le plus commun des boss : lourd, raciste, pas vraiment drôle, assez simplet. Mais les relations humaines au sein d'une équipe, ce fameux petit malaise que l'on peut ressentir entre collègues, la précarité de certaines positions (comme stagiaire), le manque d'intérêt de la vente de ramettes de papier (au même titre que beaucoup d'autres métiers, j'en conviens), c'est bien ce que nous transmet Ricky Gervais avec le concept de The Office. Ce peut être simplement des situations déjà vues, ou des comportements plutôt fidèles à ce qu'on rencontre en entreprise. Ce qui transparaît avant tout, c'est la difficulté de cohabitation entre les différents éléments d'une équipe et leurs interactions, professionnelles ou non, courtoises ou non... The Office nous plonge dans le quotidien professionnel d'une branche de Dunder Mifflin, entreprise de vente de papier, de son manager Michael Scott (Steve Carell) et de ses employés.

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Ricky Gervais, l'homme derrière l'idée originale

 

The Office US réussit à surpasser son aîné

Au départ, la version américaine était relativement similaire à la version britannique. Mêmes blagues, même ambiance lourde et presque malsaine de l'environnement de travail et surtout, un boss au centre des attentions (ou qui veut l'être). Pourtant, c'est bel et bien la version américaine qui s'en est sortie avec 9 saisons, et pas la version britannique. Pourquoi ? La backstory, bien entendu. C'est cette amélioration qui a été faite en distillant un scénario simple, pour coller au format 20 minutes de la série, mais réaliste et plutôt attachant. Bien entendu, l'humour est la caractéristique principale de The Office, mais la série n'aurait pas survécu plus de deux saisons si elle ne s'était pas donnée une backstory pour la soutenir. On suit donc l'évolution professionnelle des membres de l'équipe, mais également leur évolution personnelle qui est nécessairement transmise, même dans l'environnement de travail, à travers leurs coups de gueule et leurs décisions. The Office, c'est avant tout une histoire humaine (fin du cliché) ; par là j'entends que le concept ne paye pas de mine au départ, mais la série réussit tout de même à nous faire revivre ces moments qu'on a déjà connu si on a un jour travaillé dans des bureaux au sein d'une équipe. Avec son humour, c'est sa principale force.

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Que serait Dunder Mifflin sans Dwight ?

 

That's what she said

The Office US dispose également d'un autre atout de poids : Steve Carell. A mon sens, il est dans la série au sommet de son art, bien meilleur que dans n'importe quel film dans lequel il a pu jouer, aussi bon que dans son sketch « Real People, Fake arms » avec Jimmy Fallon et Justin Timberlake. La série l'a révélé, mais il a également révélé la série. The Office tombe dans un stéréotype avant tout : celui de la banalité. Peu de ses personnages semblent intéressants au premier abord – c'est ce qui les rend d'autant plus réels. Et si l'on peut voir des grosses ficelles de temps en temps, on reste globalement satisfait du résultat. Le plus grand compliment que l'on peut faire à The Office, c'est qu'elle réussit à nous donner de la banalité à un rythme soutenu. Oui, c'est bien un compliment : The Office est monotone, mais pas morose. La série transpire l'ennui et le mal-être qu'on peut ressentir en entreprise et s'appuie sur des personnages pas forcément charismatiques mais terriblement réalistes. Un vendeur qui tient une ferme de betteraves, c'est réalistes tu dis ? Pas forcément vu comme ça. Mais régulièrement, leur comportement vous donnera des impressions de déjà-vu.

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The Office, nid à memes

 

7 saisons de Carell et 2 pour la route

Le départ de Carell a assurément été un coup dur pour la série, mais il était plutôt justifié : la boucle s'est bouclée au bout de 9 saisons et de nombreux épisodes. Je n'ai pas forcément fait honneur au style humoristique de la série qui justifie son intérêt au-delà de l'aspect sociologique. Que n'ai-je pas ri en regardant les mimiques de Dwight, les répliques de Michael. Si j'ai décidé de mettre l'accent sur les relations interpersonnelles, c'est avant tout parce que je me sens concerné, et je pense que c'en est de même pour beaucoup de personnes qui ont vu The Office. Et c'est une des raisons pour lesquelles je pense que Brooklyn nine-nine ne pourra pas éternellement faire rire. The office, c'est un incontournable du genre.

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Martin Hervieu

Programmeur à mes heures, je reste avant tout un enfant des Dents de la Mer qui en plus de m'avoir donné mon prénom m'a donné un nouveau dieu.

Sinon, je joue aussi à des jeux et je regarde des films et surtout beaucoup de séries. Et pas que des biens.

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